10ANS APRÈS LA SIGNATURE DE L’APG : NICODÈME HABIA « FAURE N’EST PAS SÉRIEUX AVEC LUI-MÊME D’ABORD ET AVEC SON PEUPLE. PARCE QU’IL N’EST PAS ÉLU, ET IL N’A JAMAIS ÉTÉ ÉLU »

Le samedi 20 août dernier, le peuple togolais dans son ensemble s’est rappelé de la fameuse signature de l’Accord Politique Global (APG), qui est intervenu en 2006 suite à l’élection présidentielle de 2005. Un scrutin qui a fait environ 500 morts. Cette signature qui avait pour but de calmer les esprits et conduire le Togo à opérer certaines réformes, histoire de faire régner la démocratie et la paix dans le pays, malheureusement après une décennie, les closes de cet accord sont loin d’être respectées. Dans le rang de l’opposition notamment chez « Les Démocrates», le président Faure en est le seul responsable. Dans une interview accordée à notre rédaction, le président parti politique  « Les Démocrates », Nicodème Habia n’a pas caché sa colère. Lisez-plutôt ! 
Le samedi dernier les togolais notamment les partis politiques ont marqué diversement les 10 ans de la signature de l’APG. 10 ans après cette signature d’accord, quel bilan faites-vous de la situation politique togolaise ?
Nous pouvons dire que(…), pas seulement chez nous Les Démocrates que c’est négatif. (Même) si vous interviewez 80 à 90% des Togolais, ils vous diront que ce bilan est négatif sur tous les plans. Parce qu’aujourd’hui(…), disons depuis l’arrivée de Faure, on a commencé par l’APG, après l’APG il y a eu la CVJR, après on connut Togo Télécom 1, Togo télécom2. Après les Togo télécom, c’est HCRRUN. Mais où est-ce qu’on va exactement avec tout ça ? Mais les autres pays n’ont pas fait tout ça pour aboutir aux réformes ou à la démocratie.  Donc tout ceci démontre combien de fois Faure n’est pas sérieux avec lui-même d’abord et avec son peuple. Parce qu’il n’est pas élu, il n’a jamais été élu. Vous voyez combien de fois il a tripatouillé notre constitution en une seule nuit(…) Du ministre il est devenu député, du député il est devenu président de l’Assemblée nationale, de président de l’Assemblée il est devenu président de la République. Et de surcroît, il parle des universitaires, des intellectuels pour travailler sur les réformes  (…) Les Togolais doivent se lever maintenant  pour dire à ce régime clanique, cette minorité  qui pille nos richesses comme l’a dit Faure lui-même, et dont  malheureusement il est complice que ça suffit. Raison pour laquelle nous disons, dix ans c’est rien, c’est zéro, c’est négatif.
Que pensez-vous qu’il faut faire pour mettre fin à cette situation politique que vous qualifiez de négative ?
Nous pensons que le peuple Togolais doit prendre ces responsabilités y compris l’opposition togolaise. Moi je n’aime pas parler des leaders, parce qu’ils travaillent pour le peuple. Donc au peuple de dire aux leaders ce qu’ils doivent faire.  C’est qui est important pour nous. On ne s’amuse pas avec la vie, le destin d’un peuple c’est pourquoi nous disons que ça suffit…. Le peuple doit se lever et dire à Faure Gnassingbé et sa minorité que « ça suffit ». C’est le travail que Les Démocrates sont en train de faire.  Nous n’avons rien à cacher à qui que ce soit. Faure Gnassingbé, c’est un dictateur, c’est un monsieur très méchant, un cynique, c’est un hypocrite qui ne partira pas de ce pouvoir par des élections. C’est le peuple qui doit le faire partir(…)
Qu’allez-vous faire à cet effet ?
C’est le travail que nous faisons et nous espérons que l’opposition toute entière ferait la même chose qui n’est autre que la mobilisation, la conscientisation de la population Togolaise. Aujourd’hui j’ai appris que les populations de Zéglé  se sont levées contre l’exploitation de phosphate  dans leur localité. Vous savez, ce qui se passe, je peux vous dire que c’est le volcan qui est en ébullition et ne tardera pas à s’éclater.
Quelle stratégie allez-vous mettre en œuvre ?
Les marches, c’est une partie de nos stratégies et il y en a plusieurs autres qu’on ne peut pas vous dévoiler.   Et ce qu’on peut vous dévoiler c’est l’éveil de conscience que nous faisons et que nous demandons au peuple Togolais de faire.
Alors qu’est ce qui justifie la présence du parti Les Démocrates au côté de l’ADDI au cours de la marche de protestation qu’elle a organisé à Dapaong ?
Nous disons que partout où on va parler des réformes, Les Démocrates y seront. Et même le samedi passé, nous étions aussi aux côtés de CAP 2015. Donc partout où on parlera positivement du peuple, Les Démocrates seront là.
Envisagiez-vous nécessairement les réformes avant les législatives de 2018 ?
Nous disons que sans les réformes, pas d’élections, donc nous nous n’irons pas aux élections. Vous vous souvenez de 2015, nous avons tous crié pas de réformes pas d’élection. Mais une partie de l’opposition, s’est présentée à ces élections, et aujourd’hui c’est un échec. C’était pour donner du boulevard à Faure Gnassingbé. Les Démocrates, chez nous ça ne va pas se passer comme ça. On ne va pas rester les bras croisés pour dire qu’on demande des réformes, mais nous allons mener des actions pour avoir ces réformes.
Sinon nous vous comprenons bien le pouvoir fait  de la diversion ?
Le pouvoir n’est pas de bonne volonté pour faire les réformes mais nous allons le pousser et obliger à faire les réformes.
Quelle action mène l’opposition dans son ensemble pour l’obtention de ces réformes ?
Nous avons écrit à tous les partis politiques et nous avons eu des séances de travail avec eux. Donc nous sommes sur nos pieds, parce qu’il nous faut abattre un travail d’unicité d’action au niveau de l’opposition. Parce que nous ne sommes plus dans l’optique de coalition, d’alliance, on a vu ce que tout ça a donné. Maintenant nous pensons à l’unicité d’action. Par exemple tout le monde veut les réformes, alors on mène des actions dans ce sens. Nous organisation des réunions au niveau de l’opposition.
La multitude de regroupement, de coalition est donc la cause de l’échec ?
Nous nous ne parlons pas de coalition mais de l’unicité d’action. Et si nous avons les mêmes idées, il faut éviter l’hypocrisie. Mais l’essentiel est de commencer. Et si les autres se sentent intéresser, ils vont nous rejoindre…
Au cas où ils ne se sentent pas intéressés ?
Tout le monde saura que quelque chose se fait. Il ne s’agit pas de créer des structures, les donner des noms et puis rester les bras croisés. Nous ne sommes pas de CAP 2015 mais si nous sommes invités à leur manifestation, nous répondrons toujours.
Qu’en dites-vous du silence du leader de l’UFC par rapport à cette question des réformes ?
S’agissant de M. Olympio, je ne peux pas parler à sa place, je ne sais pas ce qu’il fait et je crois que vous devez le voir lui-même et lui poser la question.
Vous avez touché un peu plus haut l’exploitation de notre phosphate. Aujourd’hui on parle de « wacemgate », l’évasion fiscale dans ce secteur. Quelle lecture faites-vous de ce scandale ?
Vous êtes là et il y a des étrangers qui viennent détruire vos ressources et vos propres parents sont des complices. Mais si ça ne va pas, il faut le dire (…) En Côte d’Ivoire il y a quelques semaines, quand le gouvernement a unilatéralement augmenté le prix de l’électricité, on a vu ce qui s’est passé. C’est dire que les Togolais doivent se réveiller. On doit se réveiller et c’est le travail que Les Démocrates font.
Vous avez entamé récemment une tournée de sensibilisation auprès de vos militants. Quel message vous leur apportez et comment ils le reçoivent ?
Notre message c’est l’éveil de conscience. Pour ceux qui sont fatigués, il y en a qui sont fatigués de la chose politique… il faut que tout le monde se lève. Et aussi pour ce problème de réformes, comment faire pour qu’il y est les réformes dans ce pays. Voilà le message que nous véhiculons et le peuple est d’accord avec nous. Et nous sommes même débordés parce que nous sommes invités de gauche à droite. Donc là où nous sommes aujourd’hui, notre message est bien reçu par le peuple.
Avez-vous espoir dans la lutte pour les réformes ?
J’ai été toujours optimiste et positif dans tout ce que je fais. Et je ne suis pas un arriviste dans le monde politique. Je suis un vieux sur la scène politique quand bien même mon jeune en âge. J’ai été toujours optimiste et je reste optimiste.
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