CONDAMNE A UNE LOURDE PEINE PAR LA JUSTICE TOGOLAISE: ALBERTO OLYMPIO BRISE LE SILENCE: "JE NE VAIS PAS ME LAISSER FAIRE"



Condamné par la justice togolaise à soixante mois de prison ferme et au remboursement d’une somme de 6 milliards FCFA dans une affaire de détournement de fonds, Alberto Olympio a finalement rompu le silence. Invité du journal télévisé sur la télévision française 3A Télésud, le président du Parti des Togolais a laissé entendre que « son cas fera date ».



La justice togolaise vous a condamné à cinq ans de prison ferme pour détournement de fonds lorsque vous étiez PDG de la société Axxend. Vous contestez cette décision. Vous faites opposition. Que reprochez-vous à la justice de votre pays ?

D’abord, tous les faits qui ont été retenus contre moi n’ont aucun fondement. Je conteste cette justice qui par le Procureur de la République et le juge d’instruction ont falsifié des documents pour maintenir mon accusation, parce que, au fait, après le travail fait par le parquet, il y a eu un réquisitoire de non-lieu définitif concernant cette affaire. C’est impossible de détourner 9 millions d’euros sans laisser des traces de nos jours. Tout ceci n’est pas fondé. Et c’est le moment pour moi de me battre pour rétablir la vérité. La récréation est finie. Ça fait longtemps que j’ai voulu laisser la justice aller jusqu’au bout. Et quand je vois que le Procureur et le juge des falsifications de documents juridiques, en ce moment, je me dis qu’il faut maintenant remettre les choses dans leur bon droit.

Et où en est-on avec la procédure alors aujourd’hui ?

Nous avons fait opposition. Donc en principe, il faut refaire un autre procès. Mais en ce qui me concerne, je vais porter cette affaire vers d’autres juridictions. Et toutes les options sont sur la table.

Quelle juridiction par exemple ?


La Cour de justice de la CEDEAO ou autre. L’important, c’est que, aujourd’hui, il faut que l’injustice à la togolaise s’arrête une fois pour toute. Beaucoup de gens sont victimes tous les jours de l’injustice au Togo. Le cas Alberto Olympio fera date au Togo, parce que je ne vais pas me laisser faire.

M. Olympio, vous n’avez pas assisté aux deux audiences de votre procès. Un mandat d’arrêt a été délivré contre vous pour ce qu’on appelle « un délit de fuite ». Pourquoi fuir et ne pas faire face à ce qu’on vous reproche tout simplement ?

Je n’ai pas fui du tout. J’ai averti le juge que je quittais le Togo. Je suis parti avec son accord. J’ai pris l’avion comme tout le monde. Je ne suis pas passé par un chemin détourné. C’est juste du dilatoire.

Mais qui est votre véritable adversaire aujourd’hui ?

Si un Procureur de la République et un juge d’instruction se permettent de falsifier un document juridique pour une affaire en cours, c’est forcément parce que c’est télécommandé.

Télécommandé par qui ?

Par le pouvoir togolais. Toutes les personnes qui ont participé à cette mascarade, je veux me mettre après elles.

Mais aujourd’hui, ce sont vos partenaires eux-mêmes, Axxend et Coris, qui demandent le remboursement des fonds détournés. Ce n’est pas l’Etat togolais. L’Etat est très peu intervenu dans cette affaire d’ailleurs

Madame, il n’y aucun détournement de fonds. De toute façon, dans le réquisitoire final, il n’y a même pas d’accusation de détournement de fonds. Je veux contre-attaquer avec les preuves.

Et vous sortez de votre silence aujourd’hui à travers un livre, « Le Pouvoir, c’est Vous ». Vous avez même organisé un déjeuner pour la presse aujourd’hui. Quel est l’objectif de tout ça ?

J’ai voulu laisser la justice togolaise travailler. Et je vois que c’est plutôt une injustice qui se met en place. Je ne vais pas prendre des coups et me laisser faire. Aujourd’hui, je contre-attaque. Je vais démontrer, preuves à l’appui, toute la machination dès le début de cette affaire. J’ai ces preuves. Moi je n’accuse pas pour rien. Et nous irons jusqu’au bout pour montrer au visage du monde entier, le vrai visage de la justice au Togo.

Et le vrai pouvoir, c’est qui selon vous ?

Le vrai pouvoir, c’est le peuple. Et c’est d’ailleurs quand j’ai annoncé ce livre qu’on m’a répondu en me donnant une date de procès.

M. Olympio, est-ce que vous serez candidat à la prochaine présidentielle au Togo ?

Ils veulent m’éloigner du Togo. Mais moi je vais rentrer au Togo. Je serai au Togo pour continuer le combat. Nous allons organiser des élections présidentielles transparentes, et je serai candidat.

Mais est-ce que vous pouvez être condamné et candidat ?

Aujourd’hui, nous avons fait opposition. Quand nous irons devant d’autres juridictions, elles vont annuler ce que le Togo a fait d’injuste. Et en ce moment-là, mon casier judiciaire sera lavé de tout.

Et les affaires entrepreneuriales, c’est fini pour vous ?

Pas du tout. Moi je suis un bâtisseur. Je suis un chef d’entreprise. Je suis en train de créer d’autres services, d’autres valeurs. On n’a pas encore fini de parler d’Alberto Olympio.
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