EXÉCRABLES CONDITIONS DE TRAVAIL DANS DES SOCIÉTÉS TOGOLAISES : EVAME SANYA, ON SOUFFRE EN SILENCE !

S’il est une société dont l’audience n’est plus à démontrer, c’est bien EVAME. Société à responsabilité limitée, créée en 2003, elle a réussi à s’imposer sur le marché togolais avec ses motos de marque Sanya et Haojue, dans un environnement où la concurrence bat son plein. Mais ce que beaucoup ignorent, ce sont les conditions de vie et de travail des employés de ladite société qui frisent l’exploitation. Descente au cœur d’une société qui fait fortune, mais dont les employés sont aux abois.
Souffrance, mépris, menaces, intimidations, etc. C’est à ces mots que semble se résumer le quotidien des employés de la société EVAME Sarl. Qui l’eût cru ? Pour beaucoup, cette société en très bonne santé financière sur le marché togolais ferait mieux que les autres, en ce qui concerne le traitement de son personnel. Erreur ! Les grincements de dents et les plaintes sont aussi légion dans cette boîte.
Depuis sa création, ce géant de la vente des motos de marque Sanya et Haojue est promotrice d’une politique sociale dont les employés se plaignent. Avec une direction générale située à Déckon, et ses six succursales actives dans la capitale togolaise, notamment à Agoè, Adidogomé, Akodésséwa, Gakpoto, Ramco, Avédzi, un point de vente à Baguida, et un autre à Kpalimé, EVAME Sarl qui est avant tout, une affaire de famille, accorde peu d’égard à ses employés selon nos recoupements.
Sur le plan du traitement du personnel, les salaires de base oscillent entre 35.000 et 40.000 FCFA pour des employés qui sont en poste depuis six pour certains, et même plus, pour d’autres. Emile Meto, Directeur général de la structure, n’a souvent pas le temps pour ce qu’il qualifie de « jérémiades de ses employés » devant un visiteur du soir. Il a surtout donné plein pouvoir à son frère, Jérémie Meto, Directeur général adjoint de la société, et à sa sœur, Sissi Meto, responsable des pièces détachées, dans la gestion du personnel. Ancien cadre de l’Eglise Pentecôte du Togo sise à Lom-Nava, le Directeur général de la société EVAME Sarl a fini par se faire rare dans sa paroisse, gêné par les nombreuses plaintes et murmures des fidèles à son encontre ; des fidèles qui ont eu écho de sa méthode rigide et de l’exploitation humaine dont il fait preuve dans sa structure. Agacé, il a investi à coups de millions dans la construction d’un autre temple de l’église Pentecôte du Togo situé dans le quartier Hédzranawoé, où il continue de prêcher l’évangile. Pour rappel, 80% de ses employés sont de religion chrétienne.
Des conditions misérables
Aussi surprenant que cela puisse paraître, EVAME Sarl, c’est 500 FCFA payés par employé par assemblage d’une moto de marque Sanya, jusqu’au 1er octobre 2016, sauf les tricycles et le modèle SY 150-9. « La plupart des motos de marque Sanya que vous voyez, c’est nous qui faisons le montage, l’assemblage. Et tenez-vous bien. Nous sommes payés à 500 FCFA par montage de moto Sanya. Pour les motos Haojue, on nous paye 750F CFA en moyenne. », se plaint un employé de la société qui n’a pas voulu que son nom soit cité. Selon nos recoupements, les employés ont fait part de leur mécontentement à leur direction générale, par rapport au montant payé par montage de moto. « Nous avons saisi nos supérieurs à travers de nombreuses lettres pour nous plaindre de nos conditions. Nous ne pouvons pas vendre une moto à 450.000 FCFA ou 390.000 FCFA, et prendre seulement 500 FCFA pour le montage. Alors que les caisses dans lesquelles sont disposées les motos sont aussi vendues par la direction au prix de 3.500 FCFA. », nous confie notre source. En retour, ils ont malheureusement reçu les menaces du Directeur général adjoint, Jérémie Meto, en août 2016, dans l’usine de la structure située au Port de Lomé. Ce dernier aurait tenu le langage suivant : « celui qui ne veut pas monter la moto à 500 FCFA, je vais le licencier. Personne ne dira rien, y compris le Directeur général. J’ai plein pouvoir. Vous demandez une amélioration de vos conditions, une augmentation de salaire. N’importe quoi. Même si cela venait à être effectif un jour, vous ne feriez rien avec votre salaire ». Des propos choquants, à la limite de l’imaginable, qui auraient été tenus par le Directeur général adjoint qui ont laissé les employés dans une tristesse et une grande réflexion pendant des jours.
L’amélioration des conditions de vie et de travail des employés est donc un sujet tabou dans cette société. Quiconque l’évoque, est tout simplement licencié selon nos informations. Alors que la société a pignon sur rue. Elle continue de faire de belles opérations, avec un chiffre d’affaires évalué à des centaines de millions francs CFA par mois. Comme l’atteste une fiche récapitulative des ventes d’une succursale d’EVAME Sarl que nous publions en fac-similé. En ce mois d’octobre 2016, des ventes de motos ont été effectuées pour un montant total de 10.275.000 FCFA pour cette succursale en une seule journée. « C’est peu », nous confie une source. « Nous vendons dès fois 50 à 60 motos en une journée dans une seule succursale. Ce qui fait près de 30.000.000 FCFA par jour pour un seul point de vente », ajoute-t-elle.
Autre aspect de l’exploitation dont font preuve les dirigeants de cette structure selon les employés, c’est l’absence de liberté syndicale. « Nous avons un syndicat qui n’existe que de nom. Les premiers responsables de ce syndicat sont des bénis oui-oui. Ils ont été tous corrompus par la direction. On ne fait plus de réunion. Nous n’avons aucune activité syndicale », nous informe une autre source ayant requis l’anonymat. « Nous avons de sérieux problèmes. Récemment, un des nôtres a vendu sa moto, parce qu’il avait besoin de 40.000 F CFA pour régler un souci. Actuellement, certains employés ont assigné nos supérieurs en justice », poursuit-elle, plus loin.
Du berger à la bergère
Contacté par notre rédaction, le Directeur général de la société EVAME Sarl, Emile Meto, actuellement en déplacement, nous a répondu par l’entremise de l’assistant juridique de sa société, en l’occurrence Me Doe-Bruce Adama. « EVAME Sarl est une société qui emploie environ 300 personnes. Je reconnais qu’il y a souvent des problèmes avec le personnel. », affirme Me Doe-Bruce. Selon lui, la société emploie des permanents qui ont un salaire mensuel, des mécaniciens qui font des prestations de service, et des contractuels. « Ce que j’ai appris, c’est que dans cette entreprise, aucun salarié n’est en dessous de 50.000 FCFA. C’est ce que le chef personnel m’a fait savoir », déclare l’avocat. « Faux », rétorque un salarié de la boîte. « Je suis sous contrat depuis cinq ans. Et mon salaire de base est de 40.000 F CFA, avec une prime de déplacement de 5.000 F CFA. Je connais même un collègue également sous contrat qui est payé à 35.000 FCFA comme salaire de base, avec une prime de déplacement de 5.000 FCFA », réagit un salarié de la boîte qui n’a pas voulu que son nom soit cité.
En effet, selon le contrat de travail à durée déterminée de ce salarié que nous avons pu consulter, entre la société EVAME, et l’employeur, il est bien mentionné à l’article 8, ce qui suit : « (…) En contrepartie de l’accomplissement de ses fonctions, l’employeur versera à M./Mme/Mlle X, un salaire mensuel de 45.000 FCFA composé de : 1. Salaire de base pour la durée légale de travail, soit 40 heures par semaine, 40.000 FCFA ; 2. Indemnité pour les heures supplémentaires (se référer à la convention collective interprofessionnelle) ; 3. Indemnité de responsabilité (-) ; 4. Indemnité de logement (-) ; 5. Indemnité de transport : 5.000 FCFA ; 6. Indemnité de véhicule (-) ; 7. Indemnité de sujétion (-) ; 8. Indemnité de déplacement à l’étranger (-) ; 9. Autres avantages (-). Le paiement du salaire se fera au plus tard le huitième jour suivant la fin de chaque mois, en monnaie locale ayant cours légal au Togo. »
En ce qui concerne la grille de montage des motos dont Me Doe-Bruce nous a fait copie et que nous publions en fac-similé, il s’agit d’une mesure qui n’a pris effet qu’à partir du 1er octobre 2016.
La société EVAME Sarl est présente dans huit pays d’Afrique, notamment le Ghana, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Tchad, le Bénin, le Mali, le Burkina Faso, et le Togo.
(Source : La Nouvelle Tribune)
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