LA DÉCENTRALISATION ET LES ÉLECTIONS LOCALES SERAIENT ELLES UNE ARLÉSIENNE AU TOGO ?

C'est ce que les événements et les postures semblent nous montrer. Si pendant longtemps,  les forces de l'opposition ont été accusées à raison de n'avoir pas placé la décentralisation dans leurs priorités, il est aujourd'hui évident que le pouvoir use de subterfuges pour renvoyer aux calendes grecques la mise en œuvre du processus et surtout la tenue des élections locales.

Parmi ces subterfuges on note des éléments  comme "les togolais ne sont pas matures ", "les compétences n'existent pas ", " les collectivités ne pourront pas autogérér", "l'État n'a pas les ressources nécessaires", "nous organiserons les locales après les législatives de 2013", "nous pouvons partager les délégations spéciales", "un comité technique va nous produire une feuille de route", "les propositions du comité technique ne cadrent pas avec les réalités du terrain", "une conférence à Paris pour sensibiliser la diaspora", "les chefs cantons sont sensibilisés sur l'imminence du processus".

Tout ceci n’est que des alibis pour masquer la mauvaise volonté du pouvoir de réaliser la décentralisation et organiser les élections locales. Il y a un an déjà,  le comité technique déposait son rapport au gouvernement. En lieu et place de sa mise en œuvre,  le gouvernement s'est plutôt engagé dans la création de nouvelles préfectures. Ensuite,  une proposition de découpage sans contenu réel sur les ressorts territoriaux des communes a été déposée et retirée,  suite à de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de l'opinion publique. 

Et depuis, silence radio. La dernière trouvaille du pouvoir est la nomination de nouvelles délégations spéciales qui met en lumière la véritable vision du gouvernement sur la question de la gouvernance locale. Alors qu'il nous souvient que le PM dans son discours programme avait fait des réformes et de la décentralisation des priorités,  aujourd'hui  plusieurs analystes s'accordent à reconnaître qu'il s'agissait de propos démagogiques.

À la lumière des choix de gouvernance du pouvoir et des choix budgétaires,  il apparaît évident que le pouvoir de Lomé évite de façon systématique de mettre en œuvre le processus de la décentralisation et organiser les élections locales. Pourquoi cette peur bleue de la décentralisation ?  Une raison simple peut expliquer cette posture : le pouvoir repose sa gouvernance et son maintien sur l'ignorance des populations locales,  leur intoxication,  et surtout leur exploitation vile lors des élections sans oublier le manque de contrôle citoyen.  La décentralisation au contraire,  ramènerait le débat politique à la base de façon permanente,  ce qui éveillera nos populations à jouer pleinement leur rôle de contrôle citoyen.

Face à cette situation,  il revient à toutes les forces républicaines de se mobiliser et amener le pouvoir à comprendre l'impérieuse nécessité de rendre effectif le processus de décentralisation, et de mettre à la tête de nos collectivités des organes élus. Les OSC,  les partis politiques redonnent le ton.  Cela doit aller au-delà des déclarations,  des plaidoyers. Il faut une véritable sensibilisation des populations dans tous les coins du pays et un mouvement général pour la mise en œuvre du processus : la caravane pour la décentralisation.

Il y va de l'intérêt général de notre peuple et les petits calculs partisans doivent  être relégués au second plan.
Togolais vient, bâtissons la cité !
Dieu et nos aïeux bénissent le Togo.

                                                                                      WALA Kperkouma
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QUI SOMMES-NOUS? Redaction GAPOLA

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