LA SOCIPLAST D’ÉMILE METO SE NOURRIT-ELLE DE LA SOUFFRANCE DE SES EMPLOYÉS ?

Révélée par l'hebdomadaire "La Nouvelle Tribune" dans sa parution 007, la situation des ouvriers au sein de la société plastique (SOCIPLAST) n'est guère meilleure que celle que vivent les ouvriers d'EVAME SARL, deux sociétés qui appartiennent à un certain Emile Méto.

Le quotidien des employés de SOCIPLAST se résume  à la souffrance et au mépris. Et tout ceci, sans que la direction générale ne prenne vraiment le problème au sérieux.
Située à Kanyikopé en face de Ducros, SOCIPLAST emploie 400 employés dont 177 sont sous contrat à durée indéterminée. Mais beaucoup ne sont pas déclarés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). A l’analyse des recoupements, il y en a dont la déclaration ne respecte pas le début de l’exécution du contrat.

 Descente dans l’entreprise

Tout comme les autres ouvriers de la zone franche togolaise, les employés de SOCIPLAST sont assidus au travail, sur des machines de dernière génération avec des lames très tranchantes. Mais ce que beaucoup ignorent, ce sont les conditions de vie et de travail qui frisent l’exploitation. Et par peur de se voir licencier, nul n’ose revendiquer ses droits. Ce malgré, la violation constante des règles élémentaires du code du travail en vigueur au Togo.



Sinon comment comprendre que même pendant les jours fériés les employés sont tenus tous d’être au boulot ?  « Avant, c’était verbal. On nous annonçait que nous devons aussi travailler les jours fériés. Certains ne le respectaient pas. Mais depuis quelques jours, c’est écrit noir sur blanc, avec des menaces », nous confie une employée de la société qui n’a pas voulu que son nom soit cité. 


« Nous portons à la connaissance de tous les travailleurs que le mardi 01 novembre 2016 qui normalement est un jour férié, sera considéré comme un jour de travail et que la présence de tous est obligatoire. Tous ceux qui passeront outre cette obligation seront soumis à des sanctions. La Direction vous remercie pour votre compréhension » pouvait-on lire dans une note service de la direction générale.



Une note provocatrice, à la limite insolente, qui viole les droits des travailleurs et suscitent le couroi chez les employés qui décident de son non-respect. Et comme, on pouvait si attendre, les « rebelles » subissent la foudre de l’employeur. Souvent, c’est des mises à pied et des menaces de licenciements qui pleuvent. Pour ceux qui ont fait la sourde oreille le 1er novembre 2016, fête de la Toussaint chez les fidèles catholiques, une lettre d’avertissement leur a été envoyée par la direction. « (…) Nous vous rappelons qu’une note de service a été affichée pour les jours fériés sur l’importance de la présence de tous. (…) Nous vous demandons donc de prendre vos mesures pour le respect des ordres du travail. (…) Nous pourrions être amenés à prendre à votre égard une sanction plus lourde (…) », stipule une lettre d’avertissement de l’employeur à un employé que nous avons pu lire. « C’est terrible ! », s’exclame un juriste, spécialiste du droit privé, que notre rédaction a interrogé suite à la lecture de ces documents. « Et ça se passe ici au Togo ? », s’interroge-t-il.


L’enfer

Nul n’ignore que le travail dans une entreprise de fabrication de plastiques expose à des risques. Et l’employeur se doit d’accompagner les employés en cas d’accidents de travail. Mais tel n’est pas le cas  à SICOPLAT. Pour preuve, deux employés de cette usine sont victimes d’un accident de travail et se retrouvent aujourd’hui avec des doigts coupés à vie. Et leur situation continue de se détériorer. Une autre victime d’accident de travail, a des soucis d’yeux. « Il s’agit de Djelou Kofi. Il était sur une machine en train de travailler et il a eu une étincelle sur un œil par mégarde », raconte un ouvrier. « Il faut reconnaître que la direction a pris en charge ses soins et lui a payé des verres médicaux.

 Mais après, il s’est posé un problème et notre employeur a dit que c’est le concerné lui-même qui a cassé ses verres, donc que cela ne relève pas de ses responsabilités. La situation de notre collègue s’est aggravée. Ce qui préoccupe notre employeur, c’est l’argent. Si toutes les mesures de sécurité étaient réunis pour le travail, nous n’en serons pas là », ajoute-t-il. Selon nos informations, depuis hier mercredi, la victime en question a carrément perdu l’usage de ses yeux. Il ne voit plus. Ce qui a créé une tristesse au sein de la société. « Des gens pleuraient », a déclaré l’une de nos sources. « C’est au forceps que l’employeur s’est amené dans l’usine hier pour demander à ce qu’on amène le concerné à l’hôpital et qu’il est prêt à prendre tout en charge. S’il avait racheté les verres médicaux au collègue à temps, il n’aurait pas perdu la vue. C’est triste », affirme notre contact.


Aux dernières nouvelles, nous apprenons que les employés de SOCIPLAST observent un mouvement de débrayage pour amener Emile Méto à améliorer leurs conditions de vie et de travail.

(Source : La Nouvelle Tribune 007)
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