GAMBIE/POLITIQUE : ET SI YAHYA AVAIT RAISON ?

Communiquer, c’est tout un art, la politique, une très grande école. Souvent, beaucoup ne s’en soucient et naturellement, en subissent les conséquences. Voilà ! Il ne peut y en être autrement. Ici, je ne viens aucunement soutenir un vil dictateur des âges primitifs, loin s’en faut. Jamais je ne déroulerai un tapis rouge pour un Président qui, malgré son coran et son grand chapelet, aime marcher sur les têtes de mort. Seulement, je veux témoigner toute mon affection et admiration pour un "garçon" qui sait se faire respecter. C’est tout. Aussi devons-nous comprendre une chose, une seule : la richesse ne rime toujours pas avec l’intelligence. Eh oui, le richissime homme d’affaires gambien, nous apporte bien la preuve. Je lis : « Je n’ai pas dit que Jammeh ne sera pas traduit devant la Cour Pénale Internationale. Quand on partait aux élections, nous avions mis en place une équipe qui n’avait pas pour ambition de faire dans le règlement des comptes ou la chasse aux sorcières. Nous sommes engagés pour le peuple gambien. Mais, dès que notre gouvernement va commencer à fonctionner, s’il y a des choses à étudier, la Justice le fera, conformément à la loi », déclarait Adama Barrow, le Président gambien en sursis. Oui en sursis, parce que le Capitaine Yahya ne se fera pas prier pour fesser Adama. Il en est capable, sa folie est incurable, tout le monde le sait. Bien, Yahya, puisque nous en parlons, parlons-en !

En effet, il y a quelques mois, Yahya Jammey (photo) annonça, à l’instar d’autres pays du continent africain dont l’Afrique du Sud, le retrait de la Gambie de la Cour Pénale Internationale (CPI). L’homme, comme bien d’autres présidents et hommes politiques africains, ne veut plus de cette CPI sous l’emprise impérialiste, qui semble n’avoir pour cible que l’Afrique et ses dirigeants politiques. Oui, on peut tout reprocher à nos politicards du continent, mais ils ne doivent pas être les seuls à remplir les locaux de la CPI. Voilà ! Si Gbagbo et Blé Goudé méritent La Haye, alors Sarkozy et comparses doivent finir leurs jours à Guantanamo. Mais Adama Barrow semble lui ignorer le réel et oublie la leçon : « Il ne suffit pas de parler, il faut parler juste ». Shakespeare. En démocratie, que la tête du Président sortant plaise ou pas, il y a certains acquis sur lesquels, l’on peut jamais revenir si tant est qu’on tient vraiment à la paix et à la réconciliation nationale. Aujourd’hui, M. Adama Barrow ne peut s’en prendre qu’à lui-même pour ses premières erreurs politiques, ses délires communicationnels qui plongent la Gambie dans une nouvelle crise dont l’issue favorable s’annonce difficile, très difficile pour le peuple gambien. L’amnistie générale peut éventuellement être une solution pour une sortie de crise. Car, si modération et sobriété sont des vertus, provocation et tintamarre des vices connus, si Rome n’a pas été construit en un jour, alors que perdons-nous à prendre du temps pour bien faire les choses. Allons plutôt à cette école !

Sylvestre Kokou Béni
Journaliste indépendant

Romancier et Essayiste 
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