LA PRÉFECTURE DE HAHO, LE VISAGE D’UNE MISÈRE EFFROYABLE !


Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire de parcourir des centaines de kilomètres pour palper les dures réalités auxquelles sont confrontées les populations togolaises. En cinquante (50) ans de règne, les Gnassingbé ont excellé dans un art tristement célèbre :priver leurs compatriotes de la possibilité de satisfaire leurs besoins vitaux. Une tournée de trois jours dans le Haho et le constat est désolant.

Quel héritage social le clan Gnassingbé au pouvoir depuis cinquante ans, laisse-t-il aux Togolais ? Cette question est loin d’être grotesque. Et pour cause, il est difficile, mais alors extrêmement difficile de capitaliser les réalisations sociales des mandats cumulés des Gnassingbé de père en fils.  La tournée ne nous amène pas jusqu’aux confins du Togo ni jusqu’au Togo profond, terreau dit-on, de l’extrême pauvreté. Mais juste à Notsé, chef-lieu de la préfecture de Haho et à ses localités environnantes. En effet, de Notsé, nous tentons de rallier une localité située à 40 km. Bravant un relief difficile, une route difficilement praticable, nous arrivons à notre première destination. Tiguilicopé. Le constat est renversant : pas d’eau potable pour les plus de mille habitants. Ni d’électricité. Les habitants y meurent de toutes sortes de maladies : des plus banales aux plus dangereuses. Même l’eau réputée source de vie y cause dangereusement la mort. Où est l’Etat ? Que fait-il ? Depuis cinquante ans ?  A-t-il conscience que des âmes vivent dans un tel état de dénuement dans cette contrée ?  Quid de son démembrement, la préfecture ? Et ces nombreux cadres du parti UNIR natifs de cette préfecture ? 

Manifestement, c’est une zone que les candidats ou cadres du parti découvrent ou redécouvrent à la faveur des élections. Pour des promesses qui n’ont de sens que le temps des campagnes électorales. Période par excellence pour des opérations d’achats de conscience, de distribution de tricots à l’effigie de Faure Gnassingbé et autres. Comment les populations se soignent-elles ? C’est une autre paire de manches. Offrir un forage ici, c’est sauver des milliers de vies. L’accueil réservé à une association donatrice de forages, entre autres, en dit suffisamment long sur les indicibles souffrances des populations. On vous considère comme « le messie ». Environ 4 millions FCFA pour offrir un forage aux populations. Un montant que ni le pouvoir ni la préfecture ni les cadres du parti natifs du milieu ne peuvent réunir en cinquante ans de règne des Gnassingbé. Pourtant ces cadres figurent depuis des années parmi la minorité pilleuse, cette minorité qui fait main basse sur les ressources du pays. L’un d’entre eux se trouve d’ailleurs être le Premier ministre actuel. D’après certaines indiscrétions finalement confirmées par l’homme lui-même, il n’agit que sur « instructions fermes de son Excellence Monsieur Faure Essozimna Gnassingbé, Président de la République togolaise ». 
 
La démission du pouvoir Faure Gnassingbé et des cadres du milieu est d’autant plus préoccupante que la vente aux enchères publiques d’une montre de prix offerte à une star hollywoodienne Steven Seagal a permis de recueillir suffisamment d’argent pour doter une autre localité d’un forage. Nous sommes à Avekpo. Et Dieu seul sait combien de montres de prix ces gouvernants togolais collectionnent chez eux, aux frais de la princesse. Combien de véhicules de luxe ils ont dans leurs garages, quelle fortune personnelle ils amassent, volent ou détournent.

Que l’on aille dans la localité « Atiketo », à DjakpataKopé ou encore à Avovlokpecopé, les préoccupations existentielles demeurent les mêmes. Avant l’arrivée de l’association bienfaitrice, il fallait entreprendre au quotidien un chemin de croix de 10 km pour espérer trouver de l’eau potable. Pour ces quelques zones sillonnées, les besoins en eau potable ont pu être réglés.

 Mais quid des besoins en électricité, en unités de soins périphériques, en bâtiments scolaires en lieu et place des paillasses de fortune érigées, ou même en sanitaires ? Le clan Gnassingbé et ses suppôts vont-ils enfin se décider à les satisfaire pour soulager les souffrances des populations de ces localités ? Et que dire des zones non atteintes par la tournée mais qui vivent les mêmes réalités? Y aura-t-il un jour, de l’eau potable pour ceux qui y habitent ? 

En Afriquedu Sud, Ethiopie, tout récemment au Burkina-Faso et même en Gambie sous Yahya Jammeh, en Ouganda, et en Zambie pour ne citer que les pays africains, l’accès à l’eau potable est constitutionnalisé. En Algérie et en Mauritanie, c’est un droit reconnu aux citoyens par des textes de loi. Ce qui signifie selon Abdoulaye Soma, constitutionnaliste et conseiller du Premier ministre burkinabè que « si une personne n’a pas suffisamment de ressources en eau, elle peut s’adresser à un juge, si elle estime que l’insuffisance ou le manque d’eau est dû à une inaction du gouvernement ». Cela implique aussi, ajoute-t-il, qu’« il faut renforcer la part du budget alloué au traitement des questions alimentaires et des questions en eau dans le budget, pour qu’on puisse avoir un impact concret », confiait-il au confrère RFI. Les gouvernants de ces pays ont sans doute compris combien l’eau est une ressource vitale pour l’Etre humain.

Vivement que le bien-être du peuple dépasse le stade des slogans de campagne. Car il ne se décrète pas. Ce n’est pas non plus une incantation. Il se vit.
Meursault A.
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