LU DANS « LA LETTRE DU CONTINENT » : LA FRANC-MAÇONNERIE DANS TOUS SES ÉTATS !


De la Côte d’Ivoire au Congo, en passant par le Togo, les loges maçonniques sont plus que jamais aux abois.
 
La mort dans un accident de la route, le 29 janvier, de Clotaire Magloire Coffie ne devrait pas rebattre les cartes au sein de la Grande Loge de Côte d’Ivoire. Ce grand maître, qui avait régné à ce poste plus de trois décennies, avait cédé son fauteuil, en 2015, à Hamed Bakayoko tout en conservant une grande influence. Le décès de son mentor place toutefois de facto l’actuel ministre d’Etat chargé de l’Intérieur et de la Sécurité à l’avant-poste de la maçonnerie ivoirienne.

« Hambak » médiateur

Ce dernier s’est d’ailleurs employé, ces derniers mois, à résoudre la crise homérique au sein de la Grande Loge Nationale du Mali, dont la création a été parrainée au même titre que celle du Burkina Faso par la Grande Loge de Côte d’Ivoire. Hamed Bakayoko a discrètement permis de réinstaller Boubacar Keïta dans sa fonction de grand maître au détriment de Sadio Lamine Sow. Ce dernier, en conflit ouvert avec Keïta, s’est rangé sans broncher aux positions du ministre ivoirien lequel, suivant la ligne de feu Clotaire Magloire Coffie, s’était toujours refusé à reconnaître la légitimité de l’ex-conseiller spécial de Blaise Compaoré. Pour gérer ce dossier, Bakayoko a été soutenu par son « frère » et ami, Karim Keïta.

Le contexte au sein de la Grande Loge du Burkina Faso, également parrainée par la Grande Loge de Côte d’Ivoire est plus problématique. L’ancien grand maître Djibril Bassolé se trouvant toujours en prison, la marge de manœuvre d’Hamed Bakayoko n’en est que plus réduite. Il n’a pu empêcher l’ascension d’Alain Roger Coeffé. Le ministre ivoirien reste cependant en contact régulier via des émissaires ou des courriers avec l’ancien chef de la diplomatie burkinabè dont il reste très proche.

Crise togolaise

Initiatrice de l’Association des Loges Maçonniques d’Afrique, la Grande Loge de Côte d’Ivoire reste attentive à l’évolution des conflits dans d’autres obédiences, comme actuellement au Togo où la Grande Loge Nationale Togolaise est au bord de l’implosion. Désigné grand maître en juillet, William Bolouvi pourrait ne pas être intronisé comme prévu le 11 mars. Bien que soutenu par le grand maître sortant Roggy Kossi Paass, l’ex-beau-père de Faure Gnassingbé a vu son élection contestée et annulée en août par la Cour d’appel de Lomé pour « cause d’irrégularités ». Le 16 janvier, trois dignitaires de la Grande Loge Nationale du Togo, Gabriel Batawila, Koami Agboli et Pablo Mafele, ont introduit une nouvelle requête auprès de la Cour d’appel de Lomé. Cette juridiction vient de demander la pose, avant le 11 mars, de scellés sur l’immeuble abritant le temple de la Grande Loge Nationale du Togo à Djdjolé, dans le nord-ouest de Lomé.

Sassou super-star

De son côté, Denis Sassou Nguesso continue de préparer son fils cadet, Denis-Christel Sassou Nguesso, dit « Kiki », à lui succéder à la tête de la Grande Loge du Congo. Coopté par le franco-béninois Claude Dohou, chargé des affaires africaines à la Grande Loge Nationale Française, « Kiki » devrait être nommé, dans un premier temps, député grand maître en remplacement de Jean-Dominique Okemba, neveu du chef d’Etat congolais et chef des services secrets. Patron de la Grande Loge du Gabon adossée à la Grande Loge Nationale Française, Ali Bongo a refusé, pour sa part, de suivre la « politique d’influence » de son père Omar Bongo. Son travail a plutôt consisté  « neutraliser » la majorité des barons de l’ex-président décédé en 2009. Ali Bongo a notamment pris comme adjoint un fidèle « frère » : Jean Alevinat. Au sein de la Grande Loge du Congo, ce dernier est entouré de son « clan » béninois composé de Jean-Denis Amoussou et Emmanuel Degbey, inspecteurs au sein de la même loge. Le président gabonais s’appuie également sur des amis pour « surveiller » la Grande Loge Symbolique du Gabon, proche du Grand Orient De France, dont le grand maître de cette plus ancienne obédience au Gabon : Jean-Baptiste Bikalou.

(Source : Lettre du Continent N°746)
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