MICHEL PEKPE ECRIT « AU-DELA DE L’ESPOIR »


Après le succès de son premier ouvrage « Précis de vérification en douane », Michel Pékpé s’intéresse dans son nouvel ouvrage à l’éducation parentale. Il écrit «  Au-delà de l’espoir », paru aux Editions Saint-Augustin Afrique. Dans ce roman de 331 pages, l’auteur montre l’importance de l’éducation parentale dans la réussite de la vie d’un enfant. Lisez plutôt.


Vous venez de sortir un nouvel ouvrage, « Au-delà de l’espoir ». Pourquoi ce titre ?
« Au-delà de l’espoir », pour dire d’abord que l’espoir est humain. C’est un désir qu’on a de faire quelque chose.
Afanou, l’enfant de Mawoussi, son espoir était de  devenir un grand homme. Mais sans l’espoir, on ne peut pas devenir un grand homme. Le père d’Afanou est décédé très tôt. Et Afanou représentait l’’espoir de Mawoussi, l’espérance, la volonté de Dieu.
« Au-delà de l’espoir », c’est aussi la volonté de Dieu. « Au-delà de l’espoir », c’est l’espérance, c’est-à-dire qu’au-delà des désirs humains, c’est Dieu par son désir accompli, sa volonté manifestée dans la vie de l’être humain.

Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce roman ?
L’écrivain est un contemplateur de la nature, de  son cadre de vie, de tout ce qu’il voit. C’est le vécu. Je vois comment les enfants se comportent parfois. Je rencontre les enfants, et je vois les parents qui se plaignent parfois de leur comportement. Et là je me suis dit pourquoi ne pas capitaliser tout ceci dans un ouvrage.
Ce n’est pas un simple roman, mais un roman d’éducation que moi j’appelle un essai de psychologie. Il y a beaucoup d’analyses que j’ai faites sur le comportement des enfants.

Est-ce que ce roman se rapporte à une partie de votre vécu ?
Je suis dans la fiction pure. J’ai imaginé un jeune garçon, Afanou, qui a perdu son papa très jeune. Et qui doit maintenant rendre sa maman heureuse. Mais vous savez que les mamans ont des difficultés à appréhender leur fils. L’enfant a donc échappé à l’autorité de sa maman. Il faisait la compagnie d’un autre garçon qui est d’ailleurs le fils d’un riche, Abouaba. Quand sa maman a voulu s’interposer, il a quitté la maison pour aller à l’école de la rue.
Il a essayé beaucoup de métiers dont le zémidjan. Or, il ne connait, ni la ville, ni le quartier, il ne maitrise non plus la circulation. Afanou a donc fait un accident grave avec une jeune dame morte et un blessé grave. Et maintenant où trouver l’argent pour payer ses factures ? Finalement, c’est sa maman qu’il a abandonné qui s’est décarcassée pour le sauver. Mais tout cela n’a pas servi de leçon à Afanou qui a refusé de rentrer à la maison.
Il est reparti apprendre la maçonnerie. Trop difficile pour lui. Il s’est laissé absorber par la facilité. Il rentre dans une secte. Mais son initiation a échoué. Déboussolé, il s’est lancé dans un ténébreux deal de la drogue qui l’a envoyé derrière les barreaux.

Parlons de l’avocat Magnati. Qu’est-ce qui vous a inspiré son histoire ?
Vous avez constaté dans le livre que je me suis intéressé aux gens qui ont réussi dans la vie, les péripéties qu’ils ont connues après, etc. J’ai parlé de la libre circulation des biens et des personnes. Quitter un pays pour un autre, vous vous rendez compte que c’est difficile.
L’avocat Magnati est un homme qui a réussi dans la société et qui a consacré une partie de ses ressources financières à adorer Dieu et à faire aussi des œuvres sociales, en aidant les enfants etc. Mais ironie du sort, ce sont ces enfants qui se sont organisés pour le voler. C’est triste.

Parfois, il y a certains enfants qui manquent d’éducation familiale, mais qui s’éduquent sur le plan scolaire. Est-ce qu’ils arrivent à s’en sortir ?
Oui, il y en a qui réussissent bien à l’école. Il peut te réciter un livre. Mais ce même garçon peut te jeter le livre à la figure. Ça voudra dire que cette éducation lui a manqué quelque part. C’est de ça qu’il s’agit.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce livre ?
Ce livre pose la question de l’importance de la famille dans l’éducation de l’enfant. L’éducation de l’enfant à la maison est importante, c’est-à-dire que ce sont les parents qui bâtissent la personnalité de leurs enfants pour qu’il devienne une personnalité demain. Et quand l’enfant réussi, c’est pour la société, c’est pour le Togo, c’est pour l’Afrique. Il devient notre fils, notre frère, et tout le monde est fier de lui, parce qu’il est devenu peut être le responsable d’une organisation internationale.
Mais quand vous échouez dans la vie, c’est aux parents qu’on l’attribue. Les parents ne doivent pas négliger l’enfant, parce que c’est important. Il faut amener l’enfant à réussir.

Y a-t-il une crainte si cette éducation manque à un enfant ?
Oui. Si on laisse l’enfant à la maison où il n’y a personne, l’enfant ne respectera pas les gens. L’éducation familiale, c’est la base de toute éducation. C’est là où on fait ses premiers pas. C’est là où l’enfant commence par parler, marcher, etc. Les choses qu’on lui fait dire depuis le début fondent sa personnalité.

Un message à l’endroit de ces enfants qui se retrouvent dans cette situation
J’ai dit quelque part dans le livre que tous les enfants qui se retrouvent dans cette situation pour cause de paresse, d’insolence, échouent toujours, parce que leur éducation n’est pas assurée. Ils se sont lancés dans la vie très tôt. Au moment où ils devraient être encore à la maison pour apprendre ce que leurs parents font, ils ont préféré la facilité et se lancent dans la vie très tôt.
A ces enfants, je dis non. Toute chose a son temps. Un temps pour apprendre et un temps pour en tirer profit. Si vous n’avez pas étudié, si vous n’avez pas de certificat d’apprentissage, alors vous aurez fort à faire dans la vie. Vous allez chercher toujours à contourner les difficultés. On a toujours besoin d’expérience. Donc je demande aux enfants d’étudier quand il faut étudier et de travailler une fois qu’ils auront les diplômes et qualifications nécessaires.


Interview réalisée par Thierry AFFANOUKOE
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