INTERVIEW DU PDT DU MNC : ESPOIR KOUDJODJI : « LES CARRIÈRES SAUVAGES D’EXTRACTION DE SABLE SONT UNE ATTEINTE GRAVE A LA SANTÉ DE L’ENVIRONNEMENT ET DES POPULATIONS. »


Le mouvement NOUVEAU CITOYEN (mNC) amplifie ses actions contre la multiplication anarchique des carrières sauvages d’extraction de sable. Après l’étape d’alerte et de sensibilisation, le mouvement vient de poser des banderoles portant des messages de dénonciation du phénomène à certains carrefours de la ville et dans les zones concernées. D’autres actions sont également annoncées dans les jours à venir pour susciter une prompte réaction de la part des autorités en charge des mines et de l’environnement. Lisez plutôt…
 
 Bonjour monsieur. Vous êtes le président du mouvement NOUVEAU CITOYEN (mNC) qui a lancé une grande campagne contre les carrières sauvages d’exploitation de sable. D’abord,  parlez-nous un peu du mNC.

Espoir Amévi Dodji KOUDJODJI :   Merci. Le mNC est une organisation de la société civile créée le 06 Janvier 2016. Il a pour objectif principal d’œuvrer pour le développement des communautés de base à travers l’action citoyenne. Ainsi, nous formons et sensibilisons les populations par rapport aux vertus civiques et citoyennes dans l’optique d’arriver à formater les mentalités et créer un nouveau type de citoyen togolais. Nous travaillons surtout pour corriger l’incivisme ambiant dans le pays et créer les conditions d’une vie harmonieuse au sein de la société à travers l’obéissance aux règles que la communauté humaine s’est librement données.

Dites-nous en quoi le civisme est lié à l’environnement, puisque vous menez actuellement un grand combat contre la multiplication anarchique des carrières sauvages d’exploitation de sable.

Le lien est tout simple. Puisque,  qui parle de civisme parle en premier lieu des devoirs d’un citoyen. Et parmi ces devoirs, il y a fondamentalement celui de la protection de l’environnement. Et donc, vous convenez avec moi que ces deux notions sont intrinsèquement liées du fait que l’une inclut l’autre. Ici nous parlons justement d’un acte incivique notamment, la création des carrières sauvages d’exploitation de sable. Selon les textes qui régissent les extractions minières dans notre pays, normalement une telle activité se repose sur un certain nombre de conditions préalables à satisfaire obligatoirement auprès des services techniques en charge des mines et de l’environnement. Il s’agit d’une étude préalable d’impact environnemental assortie d’un permis d’exploitation signé par les deux ministères concernés notamment, les mines et l’environnement. Mais force est de constater que des carrières d’exploitation de sable pullulent un peu partout dans notre pays sans études environnementales préalables. Surtout dans certains quartiers périphériques de Lomé notamment, Dévikinmé, Nimanya, Alogavi, Adétikopé, Togblékopé, Zanguéra, Kégué… Le phénomène prend une allure inquiétante au vu et au su des autorités compétentes  qui sont dans un mutisme étrange et surtout coupable puisqu’elles doivent mesurer le degré de menace qu’une telle activité sans aucune mesure préalable a sur la vie des paisibles populations et sur notre environnement.

Normalement l’extraction de sable nécessite du matériel lourd et des mesures de sécurité et de protection. Comment ces acteurs illégaux procèdent-ils puisqu’il s’agit d’un grand investissement ?

C’est là justement qu’ils exposent des vies humaines. Pour ce faire, il creuse de grosses fosses à l’aide d’outils rudimentaires dans lesquelles ils extraient le sable. Ces grands trous qu’ils n’arrivent plus à remblayer deviennent des lacs artificiels remplis de moustiques et même d’ordures ménagères, et non seulement sont sources de maladies pour les riverains, mais aussi et surtout constituent des dangers permanents de noyade pour les ouvriers et les enfants puisque ce sont des zones fortement habitées. Tout cela, dénote d’un incivisme criard pour lequel nous avons interpellé les ministères et services concernées maintes fois sans aucune réaction probante. Et c’est ce qui nous a poussés à lancer des actions d’envergure notamment, des banderoles comportant des messages de protestation que nous avons posées au niveau de certains carrefours stratégiques de la ville et dans les zones concernés. Ceci pour montrer la gravité du phénomène aux autorités compétentes et les amener à sortir de leur silence afin d’éviter à notre pays la catastrophe environnementale en gestation.

Au cas où les autorités compétentes ne réagissent pas à votre cri de détresse, quelle sera la suite de vos actions ?

Nous passerons à la vitesse supérieure en demandant aux populations victimes d’exprimer leur mécontentement à travers des mouvements de protestation sur ces différents sites. Dans tous les cas, nous n’allons pas baisser les bras et nous irons jusqu’au bout de nos actions en obtenant la fermeture pure et simple de ces carrières sauvages, surtout celles qui sont dans les quartiers environnants la ville de Lomé, mieux, celles qui se situent le long de la route Lomé-Aného, à Alogavi, Nimagna, Dévikinmé, une zone sensible où la mer avance à grands pas. 

Justement parlant de l’arrêté ministériel interdisant l’extraction du sable marin, vous confirmez que des acteurs indélicats  s’adonnent toujours à cette activité.

 Évidemment, puisque nous avons mené une enquête sérieuse dans toute la zone côtière et nous nous sommes rendus compte, selon bien de témoignages que nuitamment des gens continuent d’extraire du sable et du gravier dans la mer. La preuve,  le gravier de mer que les gens exposent au bord de la route Lomé-Aného, sort d’où ? C’est dans la mer que ces individus véreux continuent d’en extraire. Nous pensons que les ministères concernés notamment, les mines, l’environnement et la sécurité doivent réagir énergiquement à travers leurs structures techniques notamment, L’Agence Nationale de Gestion de l’Environnement (ANGE), la direction des mines et de la géologie et la police nationale, face à tous ces phénomènes au risque d’exposer notre pays à de sérieux problèmes environnementaux. 

Votre mot de fin.                                                                                                                           
Je vous remercie pour l’opportunité et vous prie de nous soutenir dans cette lutte à travers vos publications pour corriger ce grand désordre qui se répand au jour le jour dans le secteur d’extraction de sable. Je vous remercie.

La rédaction
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