MGR NICODÈME BARRIGAH-BENISSAN S'ALIGNE DERRIÈRE LE PEUPLE


Le retour à la constitution de 1992 réclamés par le peuple et  l'opposition togolaise bientôt un mois déjà est une demande normale d'après Mgr Nicodème Barrigah-Benissan. Dans une interview accordée dimanche à radio Maria, l'homme qui a dirigé les travaux de la Commission Vérité Justice et Réconciliation (CVJR), a été clair. 

Dans son intervention,  l'homme de Dieu n'a pas caché sa tristesse de constater qu'après 5 ans qu'il a rendu le rapport final des travaux de la CVJR au président Faure Gnassingbé, rien est encore fait jusqu'à ce jour concernant les réformes constitutionnelles et institutionnelles. Et pourtant toutes les conditions étaient réunies pour que tout aille vite.

L'évêque d'Atakpamé qui espérait "qu'on parvienne à une décrispation et à la consolidation de la démocratie et partant, à l’apaisement du climat social", a été plutôt déçu.  

"...mes attentes n’ont pas été comblées", dit-il.

D'après Monseigneur Barrigah-Bénissan (Photo), la situation politique actuellement tendue au Togo,  n'est due qu'au retard accusé dans la mise en œuvre des recommandations de la CVJR. C'est pourquoi la Conférence des Évêques du Togo (CET) et lui, d’un commun accord ont choisi soutenir le peuple. 

"J’estime que si elles (les réformes) avaient été faites plus tôt, on ne serait pas dans cette crise qui fait peur. Ceux qui veulent que les réformes soient faites, doivent trouver en la Conférence des évêques, un appui et un soutien. Nous estimons que nous n’avons pas choisi un camp contre celui du peuple. Nous sommes avec le peuple et nous estimons que ce qu’il est en train de demander est plus que légitime", a-t-il indiqué.  


Au cours de l'entretien, il est revenu sur le film des manifestations de l'opposition et a dénoncé le comportement "irresponsable" des forces de l'ordre et de sécurité. 

"En plus, il y a des informations qui nous sont parvenues faisant état de poursuites de gens jusque dans leur domicile. Nous estimons que si ces informations sont exactes, les forces de l’ordre et de sécurité font bien au-delà de ce qui relève de leur responsabilité. Ce n’est pas normal", a-t-il dénoncé.

Il a ensuite déploré les positions tranchées des deux camps où personne ne veut mettre de l'eau dans son vin. 

"D’un côté, ceux qui pensent que les réformes doivent être faites le plus vite possible  et de l’autre ceux qui estiment que le président a déjà fait suffisamment et qu’il doit rester au pouvoir", relève-t-il.

Voilà pourquoi il conseille l'ouverture d'un débat franc entre les deux parties.

" Nous pensons qu’un débat de fonds doit être mené sur cette question afin que les réformes soient faites effectivement selon la Constitution de 1992 pour décrisper la situation et qu’on puisse passer à autre chose", a-t-il laissé entendre.

Esaïe EDOH
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