INTERVIEW DU PRÉSIDENT DU CJD, M. KOVI ADANBOUNOU : « POUR L’ÉMERGENCE DU TOGO, NOTRE CAUSE EST COMMUNE »


Il fait  partie des  jeunes togolais  dont le dévouement à la cause  nationale  ne souffre de l’ombre d’un seul doute  et  qui s’investissent  corps et  âme pour  l’épanouissement  de  la jeunesse  Togolaise dans son ensemble. Lui  c’est M. Kovi ADANBOUNOU (Photo), président du Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD), une  association  qui, depuis un certain moment ne ménage aucun effort à travers  moult projets,  pour amener la frange  juvénile de la population à  cet idéal qu’est la culture de la  paix, la citoyenneté et  vers l’acquisition du sens de l’entrepreneuriat. Dans l’interview qui suit,   le jeune président dynamique  du CJD revient sur  le contexte de la création de ce  collectif qui  regroupe  près de 50 associations de jeunes, ses objectifs, le bilan et les perspectives. Il a également abordé  les sujets socio-politiques de l’heure au Togo. Lire l’intégralité de l’interview.

Bonjour Président, parlez-nous brièvement de votre mouvement CJD ?

Kovi Adanbounou : Le Collectif des Jeunes pour le Développement (CJD) est un mouvement qui au regard de la situation sociopolitique souvent tendue au pays,  a été initié par de jeunes Togolais sans distinction de partis politiques, d’ethnie ou de rang social, dans le seul but de penser « développement » du Togo. Il s’agit pour nous de se faire violence pour nous débarrasser de nos considérations politiques partisanes  pour nous mettre ensemble dans cadre qui permet de ne défendre que l’intérêt supérieur de notre cher pays, le TOGO. Des divisions, on en avait marre. C’est pourquoi d’ailleurs notre  mot d’ordre dit que le Togo, c’est notre parti politique, et le développement notre candidat.

Depuis 2007 que le CJD existe, on ne semble pas voir l’impact de ses actions sur le terrain. Après 10 ans d’existence, quel bilan pouvez-vous faire de vos actions sur le terrain ?

Quelqu’un a dit le tigre ne crie pas sa tigritude. La bible même nous enseigne d’agir parfois en silence. Bref c’est pour dire que de 2007 à 2017, nous avons réalisé de nombreux projets. Certains sont parfois connus de la presse, d’autres non. Mais pour ce qui concerne, nos grands projets, il faut noter qu’au départ nous avons commencé avec des projets de sensibilisation qui ont consisté à aller vers nos concitoyens jeunes sur toute l’étendue du territoire national pour leur parler de changement de mentalité, de comportements parce que nous sommes condamnés à vivre ensemble. Vous pouvez également noter le projet « Togo Tribune libre » qui nous a permis de sillonner toutes les régions du Togo pour recueillir les avis et les réactions de nos populations sur des sujets d’ordre politique, social et économique. Les leçons tirées de ces projets nous sont montré suffisamment que le problème togolais est plus social que politique. Fort de ce constat, nous avons élaboré et lancé le projet « Un geste, une vie » qui est une initiative de solidarité pouvant permettre aux togolais de s’entraider, bien sûr le Cjd avec ses partenaires également jouent participent activement à cela. C’est un projet toujours en cours, et qui a permis de venir en aide à des personnes ou groupes sociaux vulnérables avec nos petits moyens. Je voudrais profiter de l’occasion pour inviter les bonnes volontés à se joindre à nous sur ce projet social en vue de sauver une vie, si non des vies…


Vous vous investissez dans le développement, parlez-nous des grands chantiers de développement auxquels le CJD s’attaque?

Le chantier de développement de notre pays est vaste. Tout d’abord félicitations aux gouvernants, notamment au Chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé pour sa politique qui met un accent particulier sur la promotion du secteur privé. Nous en tant qu’association nous les accompagnons, et nous jouons le rôle de médiateur  surtout entre le gouvernement et les jeunes. C’est dans ce sens que nous travaillons pour la promotion de l'entrepreneuriat des jeunes, dans les secteurs comme l’agriculture, les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Vous avez avec nous des jeunes que nous soutenons pour la mise en place de leurs propres entreprises ou structure de services de prestation. D’autres chantiers seront abordés très bientôt.


Président du Réseau International de Transit Transport et des Affaires (RITTA –AFRIQUE), Directeur Régional du programme AFRONETWORK-Télécommunication de L’espace CEDEAO, Directeur Général de la société COVI-TRANS SARL, Commissionnaire agréé en Douanes Togolaises, membre du Conseil des Exportateurs de Café-Cacao du Togo (CECC-Togo) et président du CJD. N’est-ce pas trop de charges ? Comment vous  gérez tout ça ?

C’est bien vrai c’est beaucoup de charges mais quand vous assumez vos tâches avec passion, avec le sentiment de bien servir les autres, tout devient léger… Par ailleurs, j’aime toujours travaillé en équipe, même si la directive vient de moi, l’humilité et la sagesse m’ont toujours permis de gérer les charges avec mes collaborateurs, des ainés ou des jeunes frères. C’est un système de travail des anglophones. Ils ne parlent pas de chef mais de leaders. Avec l’esprit de leader, les tâches deviennent plus faciles. Et puis par-dessus tout, je puise ma grande énergie en Jésus Christ, notre sauveur.


Monsieur le président, le 29 juillet dernier, vous aviez procédé au lancement du projet Agir pour bâtir la Cité (ABC). C’est quoi ce projet et quelles sont les raisons d’une telle initiative ?

« Agir pour Bâtir la Cité » est le projet qui aujourd’hui répond le plus aux demandes des populations à la base qui face au processus de décentralisation enclenché au Togo doivent apprendre à gérer leur propre développement. Elles doivent apprendre à devenir les artisans de leur progrès, bien sûr avec l’accompagnement de l’Etat. L’Etat a le devoir d’assumer le bien-être de nos populations, mais il ne faut pas oublier que l’Etat seul ne peut tout faire. Les citoyens que nous sommes, devons avoir une implication active dans la gestion des projets pour avoir de bons résultats. Pour ce qui concerne, les infrastructures de l’État, les communautés à la base doivent apprendre à faire bon usage et fonctionnement de ces infrastructures, les  citoyens aussi doivent  participer à leur gestion, entretien  et exploitation quotidienne. Le projet a deux volets : le premier est celui de la sensibilisation à la gestion locale d’une communauté, et le second porte sur les micro-projets à réaliser pour soutenir des communautés vulnérables. Notez qu’il s’agit également de nous associer  aux communautés à la base dans des actions communautaires de développement et de paix durable en vue de les sensibiliser, mieux les convaincre de jouer leur rôle de bâtisseurs.


Votre projet vise à aider la population à réaliser de micro-projets. Comment  allez-vous, vous y prendre?

C’est tout un programme d’actions qui consiste à identifier les besoins, les classer, les mettre en micro-projets, et les soumettre à des demandes de financement pour réalisation.

En outre, précisons que les réalisations se feront selon le degré de nécessité des besoins.


En quoi Monsieur le Président, la mise en œuvre de ce projet sera utile dans la mise en œuvre du processus de décentralisation au Togo ?

Vous savez cela fait 30 ans que les élections locales ont été faites au Togo. Renouer après ces longues années avec la pratique de la gouvernance locale nécessite l’apport non seulement des gouvernants ou formations politiques mais beaucoup plus des organisations de la société civile. Nous estimons que ce projet jouera également sa partition.


Depuis le lancement du projet le 29 juillet dernier, où en êtes-vous concrètement dans la mise en œuvre de ce projet?

Nous sommes à la phase de la sensibilisation. Les dernières tensions qu’a vécu le pays nous a obligés à redéfinir notre agenda. Mais on va très bientôt reprendre notre bâton de pèlerin pour aller rencontrer les communautés à la base sur toute l’étendue du territoire national, échanger avec les populations, les organiser s’il le faut dans des cadres d’actions devant leur permettre de réfléchir et agir pour le développement de leurs communautés. Nous venons également soutenir ainsi les initiatives du gouvernement dans ce sens.
En tant  que président d’une organisation qui rassemble près de 50 associations de jeunes, quelle analyse faites-vous de la situation actuelle que travers le Togo et qui implique fortement les jeunes ?

C’est bien d’insister sur la jeunesse. Vous savez, les réformes, nous en avons tous besoin. Mais elles ne doivent pas nous diviser ou nous amener dans des affrontements violents. Notre passé  politique récent doit nous amener à toujours privilégier le dialogue et le consensus. Nous avons connu des périodes difficiles. Ne répétons pas les mêmes erreurs qui ont failli détruire notre cher pays. Aujourd’hui, le pays n’est pas un eldorado mais les efforts faits sont très appréciables. La dynamique doit être maintenue  car  beaucoup ont leur regard tourné vers nous. De nombreux investisseurs sont à nos portes. Parce que nous avons fait des progrès sur les plans socio-économiques, politiques et démocratiques. Alors ne détruisons pas tout cela. Toutes nos revendications devront se faire dans la légalité, dans le respect de l’autre, de la dignité humaine, parce que nous avons une chose à préserver, l’esprit du vivre ensemble. Nous sommes tous Togolais. Nous sommes frères et nous avons tous un patrimoine commun, le Togo. La démocratie, c’est un combat d’idées.


C’est vrai notre jeunesse est confrontée à des problèmes d’emplois et bien d’autres mais nous ne devons pas sacrifier notre paix sur l’autel des frustrations. Nous Jeunes Togolais, devrons tout faire pour préserver ce climat de paix. Sans la paix, aucune embauche n’est possible, aucune formation universitaire ou professionnelle n’est possible. Nous devons d’une seule voix dire non à toute manipulation politique qui nous déterminerait à compromettre la paix sociale.


Pour vous qui travaillez dans l’enracinement de la citoyenneté et le patriotisme, face aux actes inciviques que l’on voit au cours des manifestations, est-ce que vous n’avez pas échoué dans votre mission et que comptez-vous faire pour y remédier?

Nous ne pensons pas avoir échoué, c’est une mission à diverses étapes. Depuis 2007, à chaque échéance électorale nous sensibilisons à la non-violence et aux valeurs citoyennes qui fondent la cohésion sociale. Les résultats sont satisfaisants. On ne connait plus de violences ou de troubles en période électorales au Togo. Pour ces dernières manifestations populaires qui ont pris un caractère violent, nous n’avons pas baissé les bras. Nous continuons par voie de médias et dans des rencontres citoyennes d’échanges à prêcher la paix et les valeurs du vivre ensemble. Heureusement, les tensions ont baissé. Nous n’allons pas nous arrêter.  L’une de nos grandes missions c’est d’être des gardiens de la paix et de la cohésion sociale. C’est un devoir patriotique.


Quel message avez-vous à l’endroit de cette jeunesse qui a son mot à dire dans le processus de relance de l’économie togolaise ?

Juste dire à mes compatriotes jeunes que nous devons malgré nos différences de points de vue politiques préserver la paix sociale qui est le ferment de tout développement. Sa place dans la relance de l’économie du pays est primordiale, parce que pour cette relance on a besoin d’une main d’œuvre qualifiée et valide. Pour l’émergence du Togo, notre cause est commune.
                                                                                   

        Propos recueillis par Jean-Claude BAKALI pour Cauris Mag



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