DIMAS DZIKODO MENACÉ DE MORT POUR SES OPINIONS DANS UNE ÉMISSION SUR VICTOIRE FM

Il devient de plus en plus dangereux d'être journaliste au Togo et d'exercer librement sa profession si les opinions émises ne convergent pas avec celles de ceux qui combattent Faure Gnassingbé et qui militent pour son départ non par les urnes, mais par la rue. Les journalistes reconnus proches de l'opposition de par leur orientation éditoriale sont adulés, et même déifiés, tandis que ceux suspectés de prendre position pour le pouvoir sont des "diables", des "criminels", des "citoyens ennemis de la République" qu'il faut mettre hors d'état de nuire.

Cette conception médiévale de la démocratie, promue et encouragée par certains acteurs de l'opposition, et même par certains journalistes qui se plaisent à jeter leurs confrères en pâture, est une réelle menace à la liberté de presse, l'un des principes fondamentaux des systèmes démocratiques reposant sur la liberté d'opinion et la liberté d'expression. 

Le lundi dernier, Dimas Dzikodo (Photo), directeur de publication du  quotidien Forum de la Semaine se faisait recevoir dans une émission débat animée par Jacob Ahama sur Victoire FM de 10 h à 11h. Au sortir de l'émission, il est accueilli devant les locaux de la station par un type farfelu. Ce dernier, déchaîné, mû par la violence, couvre Dimas de sottes injures et de déclarations les plus agressives, allant jusqu'à le menacer de mort. Sa récrimination contre cette proie qu'il prend plaisir à déchiqueter par le fouet de ses insanités,  est la prise de  position pour Faure Gnassingbé et la dénonciation des errements de l'opposition.

"Qui même se permet d'inviter des choses comme ça sur les radios? Vous nous fendez le cœur avec vos analyses, nous en avons déjà marre, faut pas nous en rajouter. On marche, les soldats nous répriment, on sort la nuit, ils nous kidnappent. Et vous, vous venez débiter n'importe quoi sur les radios. C'est parce que vous êtes en vie que vous continuez par foutre ce bordel. Tu mérites qu'on te règle une fois pour toutes tes comptes", assène-t-il. 

Une attitude des plus rétrogrades et barbares dans un État fondé sur des valeurs démocratiques. Ni Dimas Dzikodo, ni tout autre journaliste taxé proche du pouvoir ne constituent un réel obstacle à l'accession à la magistrature suprême d'une figure de l'opposition. Le véritable obstacle à l'alternance, ce n'est même pas Faure Gnassingbé, c'est plutôt le peuple, qui s'exprime dans les urnes. C'est à ce peuple qu'il faut s'en prendre plutôt qu'aux journalistes qui ne font que leur travail et ne donnent pas le pouvoir.
  
 La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme. Tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement. Ces libertés sont d'ailleurs consacrées par l'article 25 de notre Constitution qui dispose: "Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion, de culte, d'opinion et d'expression. L'exercice de ces droits se fait dans le respect  des libertés d'autrui, de l'ordre public et des normes établies par la loi et les règlements." L'article 19 de Déclaration universelle des droits de l'homme aussi dispose la protection de la liberté de la presse. La dictature de la pensée unique ne saurait régir l'exercice de la profession du journalisme dans notre pays au risque de mettre en péril  l'indépendance éditoriale, facteur du pluralisme et de  la diversité des opinions dans les médias. Il est inadmissible que les menaces qui planent sur le libre exercice du journalisme  trouvent de bonnes raisons de prospérer si l'on veut construire une société paisible.

SYMPHONIE
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