GERARD WEISSAN VEUT RENDRE LES JOURNALISTES TOGOLAIS FIERS DE LEUR MÉTIER S'IL PREND LES RÊNES DE CONAPP


Il est "fière d'être journaliste",  Gérard Weissan, directeur du groupe de presse Sika’a et Conseiller, chargé de la déontologie et de l’éthique dans le bureau sortant du CONAPP. Avec des expériences acquises en tant que conseiller, il aspire désormais diriger cette organisation de presse et il fait partie des  quatre (4) candidat en lice pour relayer Jean-Paul AGBOH dont le mandat est arrivé à terme. Comme projet à la tête du CONAPP, Gérard Weissan envisage principalement, s'il est élu le soir du 18 mai,  d’œuvrer pour reconquérir très rapidement la fierté  du métier qu'ont perdu les journalistes Togolais. Découvrons ensemble et en intégralité son projet pour la presse togolaise.

PROGRAMME DE GERARD WEISSAN

Mesdames et messieurs, chers confrères, 
Je vais vous exposer en quelques minutes, le rêve que je nourris depuis plusieurs années pour la presse togolaise. S’il faut résumer ce rêve, je dirais qu’il ne tient qu’en une phrase avec 4 mots. Ces 4 mots sont: «Fiers d’être journaliste».

J’ai un jeune cousin qui était parti aux Etats-Unis depuis 15 ans et entre-temps, moi je me suis lancé dans l’aventure du journalisme. Il y a 2 ans, ce cousin revenait pour la première fois en vacances ici au Togo. Après de telles retrouvailles, on s’est jeté l’un dans les bras de l’autre, tout heureux.

Une semaine passée, le monsieur vient me voir et me dit: Gérard, je dois t’avouer une chose, mais ne te fâche pas: quand tu m’as informé que tu es devenu journaliste, je t’imaginais autrement. Aux USA, quand quelqu’un dit, I am a journalist, même Barack Obama se met à arranger rapidement sa veste. Le journaliste est très respecté là-bas.

Pouvons-nous dire qu’au Togo aussi, nous les hommes de médias, nous sommes respectés ? La réponse est Non! 

Si nous ne sommes pas honorés, c’est parce que nous avons perdu notre fierté. On nous a transformés au fil du temps en mendiants. Nous allons voir tel ministre, tel DG, tel homme politique, pour lui demander de l’aide. 

Dès que cet acte de mendicité est posé, c’est la porte qui est ouverte à tous les fléaux qui nous déciment dans ce métier. Parce que nous avons des problèmes financiers, nous allons quémander de l’argent. Parce que l’autre nous a donné de l’argent, il est en droit de nous demander d’écrire ou de dire ce qu’il veut, même si ce sont des faussetés ou âneries. Parce que nous publions des faussetés et des âneries, nous perdons nos lecteurs, téléspectateurs et auditeurs. Parce que nous perdons nos lecteurs, téléspectateurs et auditeurs, les annonceurs n’ont plus aucun intérêt à nous donner des publicités. Parce que nous n’avons plus de publicité, nous sommes pauvres et nous retournons vers le ministre, le DG et autres autorités pour remédier. Quel honteux cercle vicieux!

Ce cercle vicieux, nous devons le briser et retrouver notre dignité.
Nous devons le briser et faire de nos médias, des entreprises viables qui marchent. 
Et ce n’est pas en nous promenant de bureaux en bureaux pour demander de l’argent que cela pourra se faire. Car vous le savez plus que moi, nos heureux bienfaiteurs ne sont pas bêtes. Ils ne voudront jamais que nous devenions indépendants d’eux. 
Ils ne nous donneront donc jamais assez d’argent pour que nous puissions devenir autonomes. Ils préféreront toujours nous tenir en laisse comme, comme on tient un animal domestique.
Chers confrères patrons de presse, ce que je vous propose, c’est d’œuvrer pour reconquérir très rapidement la fierté de journaliste que nous avons perdue. En étant fier, nous ferons du bon boulot. Le bon bulot amènera l’estime de la population vers nous. La population étant avec nous, les annonceurs nous solliciteront pour passer leurs messages. Et si les annonceurs reviennent vers nous, nous sortirons de la galère. C’est aussi simple que ça et c’est ce qui se fait ailleurs!

Confrères, nous avons la possibilité et la capacité de nous en sortir, sans avoir à demander l’aumône à qui que ce soit. Nous avons la capacité de changer les choses de telle façon que ce soit plutôt les gens qui viennent vers nous pour nous supplier de leur ouvrir nos portes pour faire passer leurs messages et leurs idées.

Les responsables passés du Conapp n’ont pas démérité. Loin de là! Mais ils ont oublié que, faisant une œuvre d’utilité publique, nous avons droit à des avantages économiques et financiers qu’ils n’ont pas su réclamer. 

Savez-vous que le Togo occupe le dernier rang en matière d’aide à la presse dans la sous-région? Pendant que nous nous contentons de 100 millions de francs, l’aide à la presse a dépassé 400 millions au Burkina Faso, plus de 500 millions au Bénin, plus de 800 millions en Côte d’Ivoire… et j’en passe.

Si le futur bureau du Conapp est l’ami des autorités administratives, le président et quelques-uns de ses collaborateurs auront des avantages.  Ça c’est vrai.

Mais si le Conapp se positionne comme un partenaire respectable et respecté des autorités administratives, et non simplement comme leur ami, nous obtiendrons, je vous l’assure, 4 choses essentielles au cours du mandat à venir. 4 choses qui vont mettre les médias de chaque patron un peu à l’abri de la misère qui nous caractérise:

Il y aura une augmentation remarquable de l’aide de l’Etat à la presse
Il y aura l’application des accords de Florence qui recommande la détaxe sur les intrants pour la presse. 

Il y aura le bannissement de l’injustice et la solidarité qui vont ramener nos confrères des autres organisations vers le nous. Je sais que vous savez qu’à cause de nos divisions, nous avons encore perdu l’année dernière, un soutien de plusieurs millions du Pnud.

Il y aura la création d’une messagerie qui permettra aux journaux écrits d’être distribués et vendus un peu partout dans la capitale et à l’intérieur du pays. 

Dans le bureau sortant, j’avais d’ailleurs été chargé par le président d’élaborer le projet de messagerie. Le travail a été fait et lui a été rendu. Pour le moment, c’est dans un tiroir. 

Chers collègues, je l’ai déjà dit, quand nos médias seront moins dans le besoin financier, vous verrez qu’ils feront un meilleur travail. S’ils font un meilleur travail, ils seront sollicités par les annonceurs. Ce qui sera bien pour toute la presse togolaise et pour les patrons que vous êtes.   
Mes chers amis, l’heure est grave. L’heure est grave parce que nous sommes confrontés aux réseaux sociaux qui permettent aujourd’hui à tout le monde de s’improviser journaliste, sans forcément en avoir la compétence. C’est pour cela que nous n’avons pas d’autre choix que de nous donner rapidement la main et travailler ensemble pour exceller. 

Les journalistes doivent redevenir les gardiens des valeurs humaines et sociales. Les gardiens de la vérité et de l’éthique. C’est cela seul qui peut nous assurer le respect des autres, la survie et la prospérité.

Le Conapp ne doit pas être une association où, seul le bureau profite des largesses des autorités et est obligé de fermer les yeux sur les problèmes réels des médias. On n’a jamais vu l’injustice apporter la prospérité pour tous. 

Pendant 10 ans, j’ai refusé l’émiettement des énergies. Et c’est pour cela que, quand on m’a proposé de rejoindre les dissidents du PPT, j’ai refusé et préféré rester au Conapp pour exprimer continuellement ma désapprobation face à certaines pratiques.

J’ai refusé la corruption, c’est pourquoi vous ne m’avez jamais vu dans les endroits où des 400 000 francs et autres avantages bizarres sont distribués.

J’ai refusé d’être intellectuellement embrigadé, c’est pourquoi personne n’a jamais pu me demander de publier un article pour ou contre quelqu’un.

Chers confrères, je vous demande de rester unis derrière la seule bonne cause qui vaille la peine d’être défendue: notre dignité au travail qui garantira la prospérité durable de nos entreprises.

Quel que soit celui-là que vous allez voter, rappelez-vous, rappelez-lui ces mots du sage: «Se réunir est un début. Rester ensemble est un progrès. Travailler ensemble dans l’honnêteté assure la réussite». 

Ce dont nous avons besoin au Conapp, c’est que l’organisation œuvre à assurer un minimum  d’indépendance financière à chaque média membre.

Et c’est la chose essentielle à laquelle je m’attèlerai à faire, si je suis choisi comme président. Et ça, je le ferai.
«Fier d’être journaliste».
Je vous remercie.
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