INTERVIEW EXCLUSIVE/JOCELYNE SODJI : '' FEMMES TOGOLAISES, UNISSONS NOS EFFORTS POUR SORTIR NOTRE PAYS DE LA CRISE"

La situation politique au Togo, depuis le 19 août 2017 préoccupe les togolais. Après le 31 juillet, date de la publication de la feuille de route, le constat est amer. Les deux parties en conflit peinent à accorder leur violon pour sortir définitivement de la crise qui n'a que trop duré.  Au nombre de ces milliers de togolais préoccupés par la situation politique actuelle, se trouve Jocelyne Sodji (Photo). Au sortir d'un atelier du réseau Wildaf. Nous lui avons tendu notre micro et recueilli ses propos, notre rédaction a recueilli son point de vue sur la situation qui prévaut actuellement au Togo. Lisez plutôt


Gapola : Bonjour. En tant que femme, comprenez-vous la situation politique qui prévaut actuellement  au Togo ?

Jocelyne Sodji: Bonjour. Si vous me posez la question en tant que simple citoyenne, je vous dirai que je suis inquiète pour mon pays. Mais si je dois vous répondre en tant qu'observatrice de la scène politique et leader d'opinion, je vous dirai que je suis de celles qui pensent que notre pays le Togo a besoin de nouveaux leaders issus de la gent féminine pour équilibrer la balance,  voire rivaliser avec les hommes qui peinent à sortir notre pays de la crise politique qu'il traverse depuis des années. 

Vous savez, je crois qu'il est grand temps que les femmes togolaises fassent l'effort de commencer par prendre en main leur destin.

Selon vous quelle doit être la place ou le rôle de la femme en politique?

Si je dois considérer votre question, cela voudrait-il dire que seuls les hommes ont une place ou un rôle à jouer en politique? Je dis non! Nous, les femmes nous avons trop longtemps été marginalisées par ces mêmes hommes qui clament haut et fort l'égalité des genres.

Je voudrais passer un message à mes sœurs  togolaises. " Sachez que votre épanouissement ne dépend et ne dépendra que de vous seules. Les politiques sont faites pour rechercher le bien-être de tous. Et lorsque cela faillit à un niveau ou à un autre tout citoyen a le droit de s'exprimer aussi sur les questions politiques, économiques que sociales".

En tant qu'observatrice de la situation politique, quelle lecture faites-vous des blocages constatés depuis la publication de la feuille de route de la CEDEAO?

J'ai toujours été de celles qui pensent que la solution aux problèmes togolais devrait venir des togolais eux-mêmes. Mais si malgré tout, nous avons réussi à transporter notre crise en dehors du pays et être obligés de nous conformer aux recommandations issues des médiations étrangères, notamment celles de la Guinée et du Ghana, je pense que nous devons faire l'effort parlant des parties en conflit de respecter à la lettre ces recommandations. Maintenant, si pour une raison ou une autre, des difficultés subsistent par rapport à l'application effective des dites recommandations, il appartient à chaque partie de se donner les moyens de parvenir à une entente salutaire pour la vie de la nation.

Si je parle d'entente salutaire, je veux m'attaquer à la question brûlante de la CENI et le problème de l'UFC.

Je pense que cette question relève d'une considération beaucoup plus citoyenne que politique. Je me pose également la question de savoir si l'UFC cédait aujourd'hui sa place à la C14 à la CENI, cela règlerait-il la question de la transparence des élections? 

Pour ma part, je pense que seul l'assainissement du fichier électoral garantirait la transparence des résultats des urnes.

Justement, parlant des élections, que pensez-vous du mot d'ordre de boycott du recensement lancé par la C14 ?

Je ne souhaite pas personnellement me prononcer sur la position de la C14 concernant le recensement. Mais ce que moi je sais, c'est que le boycott en politique a toujours été la pire des armes qu'on puisse utiliser. Le boycott a toujours permis de dérouler le tapis rouge à l'adversaire politique.

Chaque parti politique ou coalition de partis politiques a certainement un objectif en posant un acte et seule la C14 peut répondre valablement à cette question.

Nous ne vous savons pas aussi politique. Qu'est-ce qui a pu réveiller en vous cette subite passion?

Me reniez-vous par hasard le droit de me prononcer en tant que citoyenne sur des sujets qui touchent à la vie de mon pays? 

Vous  savez, lorsque vous êtes chez vous et que vous observez tout ce qui se passe, vous avez envie de dire aux hommes de se faire violence et penser à l'avenir du pays. Et en tant que femme, leader d'opinion, vous avez le devoir de vous prononcer. Je crois que toutes les femmes togolaises doivent suivre mon pas pour que nous fassions entendre notre voix dans toutes les sphères décisionnelles pour que notre pays le Togo, sorte une fois pour de bon de cette crise qui n'a que trop duré.

Je lance un appel solennel à toutes les femmes togolaises: "Unissons nos efforts pour sortir notre cher pays de cette crise".

Interview réalisée par Gapola
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