À L'EPP GBOTO-KLOHOMÉ, LA CANTINE SCOLAIRE D’ANADEB RETIENT LES ÉLÈVES A L’ÉCOLE


La 4ème édition de la Journée Africaine de l'Alimentation Scolaire a été célébrée jeudi au Togo, par  l'Agence Nationale d'Appui au Développement à la Base (ANADEB) en collaboration avec ses partenaires techniques et financiers notamment la Banque Mondiale et le Programme Alimentaire Mondial (PAM), dans la préfecture Yoto. Instituée en 2016 par l'Union Africaine et  célébrée chaque 1er mars, la journée a été une occasion pour réfléchir aux grands défis de l'alimentation scolaire sur le continent.

Placé sous le thème : "Investir dans l'alimentation scolaire endogène pour éradiquer la faim, soutenir l'éducation inclusive pour tous y compris les réfugiés et les déplacées en Afrique", la célébration de cette édition au Togo, a été marquée par une visite d'inspection de la cantine scolaire de l'EPP Gboto-Klohomé, dans la préfecture de Yoto, par l’ANADEB et ses partenaires.

Cette visite a pour but d'échanger avec les acteurs du milieu et d'examiner la faisabilité de la fourniture des repas aux écoliers et surtout d’évaluer la nouvelle approche expérimentée par l'ANADEB dans 10 écoles qui vise à rassembler toute la population autour du projet Filets Sociaux et Services de Bases (FSB).

Selon Mazalo Katagan, directrice générale de l’ANADEB, la célébration de cette journée est dédiée à réfléchir pour que la question de la nutrition ne soit plus un obstacle pour l’éducation sur le continent.

"L'un des taux les plus bas de scolarisation au niveau mondial c'est en Afrique et l'un des taux les plus critiques de malnutrition aussi c'est sur notre continent. Les chefs d'Etats au niveau de l'Union Africaine ont senti le besoin de s'approprier cette question de l'éducation et de la nutrition de leur peuple à travers l'institution de cette journée. On veut de plus en plus que la cantine scolaire soit une source de revenus, un moyen d'amélioration de l'économie locale et un moyen de scolarisation des enfants, un moyen pour agir sur l'éducation des réfugiés et des personnes déplacées. Et aussi partir de la cantine scolaire pour promouvoir et valoriser les produits locaux", a-t-elle martelé.
               
Pour Mme Katagan, le gouvernement togolais a depuis 2008, implanté des cantines scolaires afin de réduire le taux d'absence et d'abandon dans les établissements scolaires. Et le succès rencontré par l’initiative l’amène à expérimenter une nouvelle approche.

"L'agence nationale à travers le projet Filets Sociaux de Services de Bases exécute la composante cantine scolaire en faveur de 304 écoles de notre pays dont 143 sur financement de l’État togolais, 161 avec le financement de la Banque Mondiale. La nouvelle approche que l'ANADEB est en train d'expérimenter dans 10 écoles sur instruction de madame le ministre du développement à la base, porte sur la contribution avec les anciennes pratiques c'est à dire ce que nous faisions avec les partenaires. Il n'y avait pas de contribution, tout venait de l’État et de la Banque Mondiale. Mais on sent que cela ne peut pas durer donc avec la nouvelle approche, il est question d'amener la communauté à contribuer, à participer au repas de leurs enfants. Nous avons des pratiques diverses, ailleurs ce sont des participations financières, ou des contributions en produits locaux c'est à dire le maïs, le haricot, le riz. A la fin nous allons tirer des leçons et les soumettre à l'autorité et nous recevrons des instructions pour la suite du travail", a-t-elle déclaré.

A en croire Guy Mesmin Adaou, le représentant résident du PAM au Togo, avec les cantines scolaires le PAM ambitionne faire la promotion des productions locales.

"J'ai travaillé dans les cantines scolaires au Rwanda, au Sénégal, en RDC, en Centrafrique. Il y a beaucoup d'expérience qu'il faut partager. Vous avez vu que les enfants ont des techniques simples pour laver les mains, c'est une expérience du PAM. Plus loin, on voudrait aussi que les cantines scolaires puissent être une plateforme où on essaie d'encourager la production locale. Faire un lien entre la production locale et l'alimentation, ça aussi c'est le rôle du PAM",  a-t-il indiqué.

Tout félicitant le gouvernement de l’implantation de la cantine scolaire à Gboto, Kossivi Bada, directeur de l'EPP Gboto-Klohomé, trouve salutaire l’initiative qui empêche les élèves de déserter les classes.

"Avant la cantine, quand les élèves arrivent à l'école, ils ne trouvent pas à manger. Certains quittent l'école pendant la récréation. Avec l'arrivée de la cantine maintenant, ils sont tous présents dans les après-midi. Il n'y a plus d'absence, ni d'abandon. Ceux qui abandonnent, lorsqu'ils ont appris que la cantine est implantée, ils commencent par venir. Au début, nous avons commencé la cantine avec 309 élèves, une semaine d'activités avec la cantine, l'effectif a augmenté à 326, et aujourd'hui nous avons comme effectif 328. Je pense qu'avec l'arrivée de la cantine à l'EPP Gboto-Klohomé, les enfants sont contents, ils sont fiers, ils mangent bien et cela nous (enseignants) aide à avoir de bons résultats à la fin de l'année", a-t-il fait savoir.

Notons que le projet FSB de l'ANADEB a pour objectif d'assurer aux ménages et communautés pauvres un meilleur accès aux infrastructures socioéconomiques de base et aux filets sociaux à travers des sous-composantes à savoir, les cantines scolaires, les transferts monétaires, la formation en gestion à la base et l'appui à l'établissement d'un système de filets sociaux. L'ANADEB a une vision globale de généraliser cette action de cantine scolaire sur toute l'étendue du territoire national. Alors, elle lance un appel pressant aux bonnes volontés à l'assister pour atteindre ce noble objectif.

John ATTISSO
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