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8 juil. 2019

KOMI SEWANOU DOVI VIDE LE COMPTE DE LA SOCIÉTÉ DOVI & SAM, L’ENDETTE ET LAISSE LE COASSOCIÉ DE SON FRÈRE DÉFUNT DANS LE DÉNUEMENT


« Hitler ne loge pas seulement dans les palais présidentiels», disait Henri Lopes. Est-il nécessaire d’ajouter que dans nos maisons et familles, il peut y avoir un Hitler ? Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette assertion est bien applicable à Komi Séwanou Dovi, grand-frère de l’un des actionnaires de l’Établissement Dovi & Sam, spécialisé dans la commercialisation des équipements sportifs, des vêtements Lacoste et Polo et des chaussures de sport, qui n’a pas manqué de moyens pour s’approprier l’affaire de son frère défunt, Kémédé Dovi (plus connu sous le nom de Dovi), laissant dans le dénuement le coassocié, Sam Aléhéri, la veuve et les 4 enfants mineurs du défunt.

Personne n’a jamais su de quoi son frère souffrait, mais Komi Séwanou Dovi (Photo) a soutiré au moins 21 millions de francs CFA à la société pour, disait-il, les soins de santé de son frère. Il est devenu le propriétaire de la voiture de son frère. A la mort de celui-ci, il s’achète une autre voiture, fait auditer la société, se fait nommer administrateur des biens, vide le compte de Dovi & Sam de 42 millions, détourne la clientèle et les marchandises de Dovi & Sam au profit de sa boutique alors que les boutiques de son défunt frère sont désormais sou scellées.  Dovi & Sam a aujourd’hui une dette de 8 millions. Mais le nouveau tout-puissant DG, une tierce personne à la constitution de cette entreprise, nargue qui il veut. 

Que s’est-il exactement passé pour qu’on en arrive là ? Il faut dire que Kémédé Dovi et Sam Aléhéri  sont deux voisins de quartier. Par la force des choses, ils devinrent amis. Les 2 compagnons de misère, l’un n’ayant pas pu obtenir son BAC après deux tentatives et l’autre qui, face au manque de moyens financiers, n’a pas pu continuer sa formation à Accra au Ghana, ont décidé de vendre des chaussettes.

« Nous avions commencé petitement sous les arbres au niveau de GTA avec à peu près 50.000 francs. C’était en 2001. Nous avions seulement un parasol, 2 chaises en plastique et une petite radio. Et de fil en aiguille, nous faisions de petits prêts çà et là. Les activités commençaient par grandir. Quelques années après, on nous avait demandé de libérer la place que nous occupions. C’est de là que nous avions pour la première fois loué un local qui n’est autre qu’une petite boutique », raconte Sam Aléhéri. 

Sous leur parasol et suspendant leur produit à de petites cordes pour attirer l’attention, les deux associés ont fait les frais de railleries mais ces péripéties n’ont pas pu les faire baisser les bras. 18 ans après, ce petit établissement (non que les associés donnent à leur entreprise) dont se moquaient plusieurs personnes qui disaient aux 2 amis d’aller faire quelque chose d’autre ou de mieux, possède 3 boutiques à Lomé et une à Tsévié (35 km au nord de Lomé). Elles commercialisent des équipements sportifs, des vêtements Lacoste et Polo et des chaussures de sport. Du Ghana où ils allaient s’approvisionner en marchandises, les associés mettaient désormais le cap sur la Chine. Des 50.000 francs pour commencer, la société compte désormais des millions.

Le début des problèmes de l’établissement Dovi & Sam

En mai 2016, de retour d’un voyage d’affaire de la Chine, Dovi est tombé malade. Il avait fait appel au médecin traitant de leur société qui lui avait prescrit des perfusions. Sans donner sa permission, le malade fut évacué manu militari par ses frères et sœurs conduits par Komi Séwanou. A partir de ce moment, Dovi n’était plus accessible, même à ses collaborateurs. Sa voiture était devenue la propriété de son grand-frère susnommé. C’est lui qui répondait à ses appels. Personne ne savait où ils ont amené le malade. Personne non plus ne pouvait savoir ce dont il souffrait
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Mais toutes les dépenses que générait sa maladie sont prises en charge par l’Établissement. Le montant reçu par Komi Séwanou Dovi pour prendre soin de son frère se chiffrait à un peu plus de 21 millions de francs CFA. Les documents sont là pour l’attester. 

« Il venait avec des ordonnances où étaient prescrits des médicaments qui coûtaient entre 90.000 et plus de 100.000 francs l’un. Je refusais parfois de lui donner l’argent mais je me disais que si quelque chose arrivait à mon associé, on me l’imputera. Aujourd’hui, nous avons une dette de 8 millions de francs. Toutes les boutiques sont fermées, pendant de ce temps Séwanou vide le compte de la société », révèle Sam Aléhéri.

Durant tout le temps où Dovi était malade, c’est la société qui prenait en charge toutes les charges de sa femme et de ses 4 enfants notamment la scolarité des enfants, leur nourriture, l’électricité. Bref, tous les besoins de la famille. 

De mai 2016 à novembre 2018, période de la maladie de Dovi, Kokou Adjassou, son autre grand-frère (premier fils de sa mère) aussi venait prendre l’argent à l’entreprise.

« Il avait accéléré la finition de la maison que construisait son frère malade et donc venait régulièrement prendre de l’argent. A la mort de leur frère, ils sont venus nous le dire une semaine après. Ils nous avaient caché sa mort. C’est de là que j’ai exigé que pour encore donner de l’argent, je dois le voir. Ils m’ont dit qu’il est dans un état où personne d’autre ne peut plus le voir. Ses numéros étaient détenus par ses frères pour l’empêcher d’être en communication avec nous. Quand ils viennent prendre de l’argent et que je leur demandais de me le passer au téléphone au moins avant, ils me disaient qu’il ne pouvait pas parler », se rappelle le coassocié.
  
En novembre 2018, Dovi est décédé. C’est la société qui a pris en charge toutes les dépenses de ses obsèques. A ces obsèques, des choses inouïes se produisirent, au grand dam de tout le monde. Selon l’un des collaborateurs de Dovi & Sam  recruté en 2008, la famille a enfermé le corps, l’associé et tous les salariés dans une chambre et il leur avait été demandé de dire des choses pour accompagner la défunte personne à sa dernière demeure. Certains l’ont fait, d’autres ont refusé, arguant que ce n’est pas à la mort de leur patron qu’on va leur demander de faire ces choses, a-t-il noté, ajoutant qu’une scène indicible s’était aussi produite.

« Dans la chambre où nous étions, je ne voulais pas le dire mais le cadavre puait. Quand nous avions sorti le cercueil, en 10 minutes, des mouches ont envahi les lieux. C’est là où les gens se demandaient si ce sont vraiment les obsèques de Dovi », a-t-il fait savoir, écœuré.

Les choses se compliquent après l’enterrement

Au lendemain des obsèques de Dovi, la vie à l’entreprise devient invivable. Aidés par sa grande-sœur Pauli Dovi (fille du père), Kokou Adjassou (grand-frère de même mère) et Aboutou Dovi (petit-frère) et  Komi Séwanou Dovi sont venus dire au coassocié de Dovi & Sam qu’ils vont faire auditer la société.

« Ils m’ont fait savoir que Kémédé Dovi leur a dit avant de mourir que la société est à nous deux, de n’avoir crainte car personne ne peut se lever et m’arracher la société, mais ils cherchaient simplement à ce que les comptes soient clairs pour tout le monde. Puisque je ne cache rien, j’ai accepté », se souvient Sam.

Seulement, l’affaire a pris une autre tournure. Les commanditaires de l’audit sont revenus le lendemain sur les lieux avec des personnes censées faire l’audit, sans présenter de document leur permettant d’auditer la société. Ce travail d’audit a été arrêté une première fois à cause d’un ami des 2 associés. Venu dans la grande boutique à Lomé, il a demandé aux auditeurs de présenter des papiers. Ceux-ci n’ont pas pu et ont été renvoyés. Le lendemain, les commanditaires de l’audit ont fait convoquer l’intrus au commissariat. Le commissaire a renvoyé les parties, disant que cette affaire ne relève pas de la compétence de la police mais de la justice.

« L’audit a donc continué et quand ils ont fini, ils ne m’ont rien dit. Ils sont venus avec des ordinateurs et m’ont dit qu’à partir d’aujourd’hui, tout sera informatisé et les acheteurs recevront un reçu informatisé. Ils m’ont aussi dit que c’est Komi Séwanou qui a été désigné administrateur des biens de la société. Et donc, c’est désormais avec lui que je ferai les comptes. Ils sont revenus 2 jours après pour installer des caméras », déplore Sam. 

Autrement dit, Komi Séwanou Dovi est désormais devenu coactionnaire de Dovi & Sam. La seule faute commise par Sam, c’est que si cet établissement a pour nom Dovi & Sam, nom qui est d’ailleurs sur la carte d’opérateur économique, tous les comptes bancaires sont mis au nom du défunt seul. Sur le compte principal de la société, il y avait 48 millions. A ce jour, il n’y reste que 4 millions. Une situation qui ne plaît pas à Sam. Il en souffre énormément.

« Je suis allé voir Me Yacoubou Agnina pour lui dire que je n’ai plus envie de travailler dans ces conditions. Le mieux, c’est qu’on procède au partage des biens de la société. J’ai aussi dit à l’avocat que l’actionnaire majoritaire étant Dovi, je souhaiterais que les biens soient partagés en 3 parties, que les 2 parties aillent dans le compte de mon ami défunt et une partie pour moi. Je lui ai demandé en dernier lieu de nous convoquer sur le lendemain. Ce qui fut fait », a-t-il déclaré. 

Mais les intéressés ont brillé par leur absence. Aujourd’hui, avec Komi en tête, ils narguent qui ils veulent. Et pourtant, c’est à peine que Dovi, de son vivant, adressait la parole à son grand-frère Komi, puisque le connaissant pour ses magouilles.
« Quand il était en vie, son grand-frère et lui ne se parlaient pas. Je me rappelais que nous avions fait une grande commande. A l’arrivée de celle-ci, notre magasin ne pouvait pas tout contenir. On cherchait un lieu où mettre le reste. On avait proposé de mettre le reste chez son grand-frère mais Dovi a catégoriquement refusé. Il avait accepté après plusieurs supplications, à condition que Sam s’en chargeât personnellement. A l’inventaire, on remarquait que le compte n’était pas bon. C’est de là il nous disait, voilà les raisons pour lesquelles il ne voulait pas qu’une partie de la marchandise lui soit confiée », raconte le collaborateur de Dovi & Sam.

Une situation qui divise la famille Dovi

« Quand mon frère était malade, je n’ai pas pu le voir jusqu’à sa mort. Je ne suis même pas seul, tous les autres de la famille ne l’ont pas vu. Nous avions cherché à le voir, Komi a refusé. On nous avait même interdit de venir encore dans sa maison. Nous avions appris sa mort par WhatsApp. Je sais qu’ils venaient prendre de l’argent à la société. Mais encore faut-il vérifier qu’ils achetaient vraiment les médicaments à notre frère. Aujourd’hui, mon frère laisse derrière lui 4 enfants mineurs », tels sont les premiers mots de Kodjo Dovi, le plus grand en âge de la progéniture Dovi.

Il dit avoir même recommandé à plusieurs reprises à Sam le coassocié, lorsque Dovi était encore en vie, de ne plus remettre de l’argent à aucun de ses frères, sans l’aval de toute la famille. Selon lui, Komi a poussé de grandes ailes dans cette affaire. Ce n’est pas la première fois, a-t-il poursuivi, que la famille Dovi perd quelqu’un. « Tout se fait toujours en famille. Mais à la mort de notre frère, ils ont fait seuls le programme des obsèques, je n’étais pas là », a-t-il relevé.

Selon lui, à une réunion de famille, « quand nous avions posé la question sur la situation, Komi nous a formellement interdit d’évoquer ce sujet. Je ne sais pas comment ils ont procédé pour le nommer après administrateur des biens ».

Pour un autre Dovi, à une autre réunion de famille après la mort de leur frère, Komi Séwanou Dovi a traité Sam de « salarié comme les autres ». Pour lui, le seul propriétaire de Dovi & Sam, c’est leur frère.

Ne supportant pas ce qu’il se passe, Sam Aléhéri a fait fermer les 4 boutiques de la société, en attendant de trouver une solution idoine à ce problème. Après 18 ans de souffrance pour asseoir une société, il est pratiquement dépourvu de tout par la faute d’une tierce personne, complètement étrangère à cette entreprise qu’ils ont bâtie jour après jour.

Que demande Sam Aléhéri ?

Le coassocié ne demande que justice. « Que l’argent revienne sur le compte », s’écrie-t-il. Aujourd’hui, alors que les boutiques de Dovi & Sam sont toutes fermées, Komi Séwanou s’est taillé à Kodjoviakopé une boutique parallèle, spécialisée dans la commercialisation des équipements sportifs et autres. Il continue d’utiliser le numéro de son frère mort et détourne tous les clients qui venaient se procurer chez Dovi & Sam.

Voici ce qu’il dit au téléphone quand on l’appelle au numéro de son défunt frère pour l’informer qu’on les cherche à l’une des boutiques de Dovi & Sam mais on ne les trouve pas : « Si vous appelez ce numéro, vous nous trouverez. Nous avons une autre boutique à Kodjoviakopé, non loin de l’ancienne présidence. Juste quand vous allez vers l’Ambassade d’Allemagne, au même diapason que les feux tricolores, il y a une boutique à droite. Il y a des mannequins devant la boutique, vous ne vous perdrez pas ». 

Approché pour avoir sa version des faits, Komi Séwanou Dovi rejette en bloc toutes les accusations et accuse  la veuve de Dovi et sa famille d’être responsable de la mort de son frère. Au sujet de l’argent du compte de la société, il rassure de l’avoir juste déplacé pour le sécuriser.

Notons qu’il est soutenu et conseillé dans ses magouilles par un véreux avocat de la place.

Nous y reviendrons.

Edem KOAMI
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