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24 déc. 2019

Innocent Kagbara : "Nous devrons utiliser notre temps sur le terrain pour arracher l’alternance que de tromper les populations comme d’habitude"

Innocent Kagbara
En homme politique avisé, Innocent Kagbara, président du Parti Démocratique Panafricain (PDP) affûte ses armes pour la présidentielle du 22 février 2020, dont il est candidat. Dans cette interview, il revient sur la présidentielle, ses relations avec les autres leaders politiques, le vote de la diaspora, la candidature unique de l’opposition,… l’honorable Innocent KAGBARA, président national du Parti Démocratique Panafricain (PDP). Lisez plutôt !
 
Gapola : Comment se porte votre formation politique ?

Innocent Kagbara : Le PDP se porte très bien.

Le Togo s’apprête à organiser la présidentielle de 2020, après les législatives de 2018 et les municipales de 2019. Quelles appréciations faites-vous de ces deux élections?

Notre pays a connu deux élections en deux ans notamment les législatives de 2018 et les élections communales de cette année. Les résultats sortis de ces deux élections n’ont souffert d’aucunes contestations. Nous sommes sortis avec un député à Dankpen et huit conseillers dont un adjoint au maire à Notsè. Je tiens sincèrement à tirer mon chapeau à l’ensemble des acteurs pour l’organisation de ces deux élections. Au départ ce n’était pas gagné puisque ces deux élections ont été organisées sur fonds propres. Au final, tout s’est bien passé et nous en félicitons et saluons le courage du gouvernement togolais.

Vous êtes candidat à la présidentielle 2020. Qu’est ce qui a motivé votre candidature ?

Oui, nous sommes candidat à la présidentielle de 2020. Notre candidature en 2020 est d’abord motivée par notre jeunesse et l’espoir de changement que nous incarnerons dans le temps. Ensuite notre candidature est motivée par le programme de société (offre politique) que nous proposons aux populations togolaises. Ce programme de société s’inscrit durablement dans les idéaux que nous incarnons au PDP à savoir l’humanisme, le pragmatisme, le réalisme et le progressisme. Notre candidature est également motivée par une vision solidaire du Togo que nous souhaitons construire ensemble. Et pour réaliser cette vision nous pensons que le temps sera notre meilleur allié et les plus sceptiques nous donneront raison dans 10 ans. Enfin notre candidature est motivée par la conviction que le centrisme triomphera au Togo.

Que proposez-vous d’autre aux Togolais ?

Nous proposons aux Togolais le réalisme politique et le pragmatisme. Nous faisons au PDP la politique de nos moyens et tenons un discours franc, concis et précis à nos militants et sympathisants qui à leur tour relayeront l’idéologie aux populations.

Face à l’extrême pauvreté qui sévit dans le pays avez-vous des remèdes ?

Le remède du Parti Démocratique Panafricain face à l’extrême pauvreté dans le pays est la redistribution équitable des richesses pour que toutes les filles et tous les fils du pays puissent vivre décemment.

Et le programme de société de notre parti développe un chapitre entier pour enrayer véritablement ce fléau.

Quelle sont vos relations avec les autres leaders politiques notamment de l’opposition et du pouvoir ?

Le PDP entretient de bonnes relations avec tous les partis politiques quelle que soit leur obédience. Pourquoi aurions-nous des rapports conflictuels avec un pouvoir s’il est disposé à nous écouter ? Et avec nos collègues de l’opposition, nous échangeons dans le respect mutuel.

Si nous voulons vraiment construire notre pays, je crois que nous devons tous apporter chacun à notre niveau notre modeste contribution à l’édification de la nation. Dans cette optique, nous entretenons de très bonnes relations avec tous les partis politiques.


Notre souci majeur est de parvenir à une alternance dans notre pays et nous partis politiques de l’opposition devront nous départir de discours alarmistes et opportunistes.

Que pensez-vous du débat sur la candidature du président sortant?

Le débat sur la candidature du président Faure Gnassingbé ne relève pas de notre compétence. Faure Gnassingbé est président d’un parti politique et nous estimons que seuls les militants de son parti UNIR peuvent se prononcer valablement sur sa candidature.

Maintenant si vous me demandez s’il a le droit de se présenter à la présidentielle de 2020, je vous dirai « oui » puisque aucun article de la constitution de notre pays ne l’interdit. Dire le contraire aux populations alors qu’on sait très bien que Faure sera bel et bien candidat, c’est fait preuve de non-réalisme, de naïveté, de démagogie, et de fourberie politique.

Nous devrons utiliser notre temps sur le terrain pour arracher l’alternance que de tromper les populations comme d’habitude et dire qu’on nous a volé pour expliquer notre manque de vision et de stratégie. Nous luttons pour l’instauration d’une certaine classe politique, il est temps de faire la politique autrement.

Peut-on dire que le sujet de la candidature unique de l’opposition est dépassé ?

Sur cette question nous avons exprimé notre point de vue et notre position est largement partagée par le groupe parlementaire NET-PDP dont nous faisons partie. Le groupe NET-PDP a lutté et obtenu les réformes avec une élection à deux tours. Nous estimons que tout parti politique qui a une ambition dans ce pays devrait participer à la présidentielle. Si au deuxième tour, le schéma est favorable à l’opposition, notre parti s’alignera derrière le candidat de l’opposition le mieux placé et ceci après des discussions et des négociations constructives. Autrement dit, la candidature unique de l’opposition dans le débat actuel est un faux débat.

Les deux tours à la présidentielle est-ce une chance ou au contraire un risque ?

Nous pensons que c’est une chance, avec les deux tours, il y aura une vraie redistribution des cartes, chaque parti connaîtra sa place sur l’échiquier politique.

Que pensez-vous du vote des Togolais de la diaspora?

Le vote de la diaspora est un acquis. Cela faisait partie des revendications de l’opposition depuis le 19 août 2017. Aujourd’hui, c’est chose faite. Soyons réaliste, le principe du vote de la diaspora est déjà un acquis. Nous obtiendrons plus lors des prochaines élections. Vous me direz qu’après l’obtention de ce vote, c’est seulement six pays qui voteront. Nous sommes d’accord mais nous disons que c’est un acquis que nous devons capitaliser pour les cinq prochaines années.

Votre message à l’endroit des Togolais de la diaspora et ceux qui sont au pays?

Pour finir, je lance un vibrant appel aux togolaises et togolais. Ce changement ne peut venir que du centre, vu les antagonismes depuis trente ans de lutte non aboutie. Obtenons ce changement dans la paix, dans la réconciliation et le désir d’appartenir à une communauté de destin.

Joyeux Noël à tous et toutes!

La Rédaction
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