Tél:+228 92 42 51 78
latest

8 juin 2020

Covid-19 : Reckya Madougou plaide pour un plan d’urgence pour les petits entrepreneurs africains

Reckya Madougou
Quelle stratégie adoptée pour que la tragédie sanitaire de la Covid-19, ne se réalise du côté économique et social en Afrique subsaharienne? Une question  à laquelle, la  Conseillère spéciale du Président togolais, Reckya Madougou, également Consultante internationale sur les questions de finances Inclusives et de Développement, a apporté des éléments de réponse dans l’émission « Le débat africain » du 31 mai 2020, sur la Radio France Inter (RFI).
Comment parvenir à faire redécoller l’économie africaine après la pandémie de coronavirus, tout en sachant que la majorité des acteurs sont dans l’informel et par conséquent, n’ont pas accès aux financements bancaires ?

Un défi de taille, mais pas impossible pour le continent Africain, qui jusqu’ici, a réussi à déjouer tous les pronostics liés à la pandémie de coronavirus.


Ce que propose Reckya Madougou

Pour la Consultante internationale sur les questions de finances inclusives, il est tout à fait important de noter que 90% des unités de commerce qui composent les économies africaines, sont de très petites entreprises.

Dans cette logique et pour permettre à ces dernières qui constituent ce qu’il convient d’appeler « l’économie réelle », les plans d’urgence et les plans économiques élaborés dans les pays africains, doivent davantage tenir compte de cette « qualité » d’entrepreneurs.

Selon Mme Madougou, « ces petits entrepreneurs sont les plus nombreux mais à la fin, ne sont pas dans une large mesure pris en compte dans les programmes macroéconomiques».
 
A cet effet note-t-elle, ce qui est faisable ne concerne pas directement les banques, mais en revanche implique ces dernières, qui ont un rôle important à jouer dans le refinancement des Institutions de Microfinances.

« C’est aux institutions de microfinances de proposer des produits qui sont adaptés aux besoins de la petite coopérative de peut-être 3 à 5 agriculteurs … ou encore, mettre en place des mécanismes dans un partenariat Public-Privé entre les États, et faire en sorte que toutes les ressources puissent servir à ce tissu économique prépondérant », a-t-elle recommandé.
.

De la nécessité de transformer l’agriculture

Selon la Consultante internationale, au-delà de la question de financement des TPME, il s’avère aussi important avec la pandémie de coronavirus, de faire passer l’agriculture de l’étape de subsistance à l’étape de transformation.

«Il est important aujourd’hui d'insister sur la nécessité de transformer notre agriculture en chaîne de valeur, c’est-à-dire, qu’il faut désormais que la chaîne de valeur agricole puisse se parler avec la chaîne de valeur technique et la chaîne de valeur financière. Nos dirigeants devront donc faire en sorte que nos agricultures ne soient pas une agriculture de substance, mais une agriculture de transformation », conseilla-t-elle.


Et comment formaliser le secteur informel ?

L’objectif étant de parvenir à formaliser le secteur informel en vue d’accroître l’accès au financement pour une relance après la Covid-19, l’ex-garde des sceaux du Bénin, n’y va pas du dos de la cuillère.

Ainsi suggère-t-elle, « si on veut formaliser le secteur informel, il faudra le faire avec le secteur informel c’est-à-dire, associer ses représentants pour y parvenir », et d’ajouter plus loin, « quand on veut parvenir à la stratégie de formalisation du secteur informel, on passe d’abord par ce qui les intéresse en  premier, à savoir le financement et le développement de leurs activités ».

D’où intervient la nécessité de renforcer les liens entre les banques commerciales, les banques de développement, la Banque Centrale et les institutions de microfinance pour un réel accompagnement des acteurs.


                                                                            Caleb AKPONOU
« PRECEDENT
SUIVANT »

Aucun commentaire