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11 août 2020

Togo: Des marins mécontents de l’organisation du test COVID au port


 

Seul port en eau profonde dans la sous-région avec des équipements et infrastructures adaptés à des trafics diversifiés, le Port Autonome de Lomé (PAL) accueille de plus en plus de navires de dernière génération. Et en plus des eaux territoriales mieux sécurisées, il n’est pas étonnant de voir plusieurs bateaux en rade dans l’espace maritime togolais. Sauf qu’avec la pandémie de Covid-19, et l’instauration des tests obligatoires avant le changement de tout équipage, la gestion devient une routine qui n’est du goût des marins,  qui dénoncent une mauvaise organisation, soldée par des pertes temps et des risques de contamination.

  

Avec le renforcement des mesures sécuritaires, la construction des infrastructures adaptées à des trafics diversifiés, le Port Autonome de Lomé, seul port en eau profonde dans la sous-région, se positionne stratégiquement, et ce, depuis quelques années, comme un hub logistique de la sous-région.

 

Un avantage stratégique qui d’ailleurs permet au pays, d’accueillir des navires de dernière génération. Mais avec  la pandémie de Covid-19, la donne est tout autre et la gestion de l’équipage des bateaux tout un problème, puisqu’il est décidé au niveau du port, de soumettre les marins au test Covid-19 avant leur départ, du moins, avant qu’il n’aille prendre le vol pour rentrer chez eux. 

 

Un processus, qui selon certains marins étrangers, s’apparente plus à une punition qu’à une simple formalité, vu les tracasseries et les pertes de temps que cela engendre.

 

Pour ce marin Français,  « avant le problème ne se posait même pas, puisque les formalités s’effectuaient avec une très grande célérité. Mais avec la pandémie de Covid-19, pour changer l’équipage et nous libérer pour qu’on rentre chez nous, nous sommes d’abord emmenés au quai, ou nous sommes soumis aux tests avant de nous ramener au bateau en attente des résultats. Et c’est quand le test s’avère négatif qu’on nous autorise à aller faire les formalités pour prendre le vol et partir. Ce qui est d’ailleurs normal pour la sécurité de nous tous».

 

Mais ce que nous déplorons poursuit-il, «  c’est qu’il y a plusieurs bateaux en rade. Et au lieu que les tests ne se fassent bateau par bateau pour éviter les risques de contamination, ils nous prennent tous ensemble et nous regroupent tous au même endroit avec des risques de contamination.  Au-delà, aucune disposition n’est prise pour que l’on reçoive les résultats dans les délais. On nous fait trainer 4 à 5 heures sans nous donner à manger ni à boire et encore sous le chaud soleil. Et quelques fois, c’est toute la journée qu’on nous prend sous prétexte que tous les bateaux en rade veulent soumettre leurs marins au test.  Alors que selon la restriction en vigueur, à partir de 16 h rien ne doit sortir ». Une mauvaise organisation du service médical en charge des tests au PAL, qui non seulement  influe sur nos activités avec des pertes de temps, mais nous  fait courir des risques de contamination.

 

Pour ce tout autre marin, « au-delà du temps qu’ils nous perdent, le risque en nous regroupant ensemble, c’est qu’il peut y avoir des membres d’un équipage contaminé sans qu’on ne le sache, à force de ne pas vouloir effectuer les tests bateau par bateau, on nous soumet à de fort risque de contamination ».

 

Une nécessité donc pour l’Unité de santé du Port Autonome de Lomé de rectifier le tir en mettant en place une équipe disponible 24/24h pour les tests afin de garder la place de choix du PAL dans la sous-région. Sans cela, le PAL continuera de perdre certains armateurs qui se dirigent vers d'autres ports de la sous-région.

 

Thierry AFFANOUKOE

 

  

 

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