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5 avr. 2021

Maîtrise de l’eau : L'autre exigence pour booster la production maraîchère dans les Savanes



La région des Savanes est l'une des plus pauvres du Togo malgré la bravoure de ses habitants en majorité agriculteurs. La pauvreté des sols ajoutés aux caprices de dame nature sont les principales causes de cette situation. Mais depuis plus d'une décennie est apparue une nouvelle technique agricole, le maraîchage et les cultures de contre saison.


Les populations qui autrefois se contentaient de la chasse et de l'organisation des funérailles en saison sèche se sont tournés vers le maraîchage et très souvent ça paie très bien. Certains paysans affirment gagner en 3 mois plus du double du rendement obtenu de mai à novembre. Cette pratique agricole consiste à cultiver aux abords des marigots et des rivières, de la tomate, du piment et de l'oignon en saison sèche. L'eau du marigot sert à arroser les plantes dès les premières semaines puis au fur et à mesure que la saison sèche avance, les paysans font des puits de fortunes qui seront refermés aussitôt les produits maraîchers récoltés.


Les plus heureux sont les villages qui ont de petites retenues d'eau car les villageois profitent de l'eau durant toute la saison sèche pour arroser les cultures. Un tour dans quelques villages de la préfecture de Tône nous a permis de vivre les réalités des jardiniers et maraîchers.


Que ce soit à Tidjoate, Bougou ou Tidonte, le constat est amer. Les retenues d'eau construit dans les années 1980 sont en train de disparaitre totalement laissant maraîchers et éleveurs dans le désarroi. A Tidjoate Commune de Tône 1, le barrage est déjà sec en cette période de grande chaleur. La digue s'est sérieusement érodée ce qui entraîne les pertes d'eau et l'ensablement a fortement réduit la capacité de rétention de la retenue.


"Nous lançons un appel aux bonnes volontés pour nous aider à curer la retenue et reconstruire la digue", a lancé un vieillard cherchant des termites dans les environs. Le jardin maraîcher situé en aval de la retenue est presqu'à l'abandon, faute d'eau et ce n'est pas la joie pour les populations.


À Bougou, la situation n'est pas différente. "Nous avons plus d'eau ici après février depuis plus de 5 ans. Le débordement de la retenue suite aux pluies diluviennes de septembre 2015 ont fait céder la digue, la retenue n'ayant pas de réservoir. Et là aussi, les doléances des populations sont les mêmes. Il y'a deux ans, nous avons appris que le Gouvernement a commencé la reconstruction/réhabilitation de certaines retenues d'eau dans la région et nous attendons impatiemment notre tour", nous a confié une jeune dame.


"En attendant nous nous sommes rabattus sur les rives de la rivière de Margba pour continuer nos activités maraîchères", a-t-elle poursuivi en continuant sa route, son bébé au dos, l'arrosoir à la main.


Avec la croissance démographique qui a pour conséquence le besoin de plus en plus croissant des espaces cultivables, la pratique des cultures de contre saison apparaît comme une solution parce que permettant de produire deux fois par an mais le véritable handicap pour l'instant reste la disponibilité de l'eau. Aménager des retenues afin de recueillir en quantité les eaux de ruissellement en saison pluvieuse serait une bonne solution. Les populations ont désormais leurs regards tournés vers l'État et le ministère de l'eau d'où ils espèrent une solution en fonction des priorités et des possibilités de l'actuel exécutif.


Robert DOUTI

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