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29 nov. 2021

Il y a 1 an "frais-air" s’en est allé !!!



Arraché dans la fleur de l’âge, le décès de Fanuel Amenunya, secrétaire administratif de l’ONG AIMES-AFRIQUE fait déjà un an. En mémoire de l’illustre disparu, Fayrouze Kokou, un ami, un proche collaborateur revient sur la vie de l’homme à travers cet hommage dédié.  

Hommage à mon jeune frère Eyram Fanuel AMENUNYA

Après une année de silence cuisant et de recueillement minutieux, je me permets de laisser ces quelques lignes pour l’histoire.

Nos regards se sont croisés pour la première fois en Janvier 2016 au lendemain d’un retour de voyage qui aurait duré plus d’un an.

L’empressement d’abord de te rencontrer était une flamme brulante puisque nous échangions durant plusieurs mois auparavant et la connectivité nous a tellement rapproché comme si nous nous connaissions physiquement. Comme il n’existe pas de hasard dans la vie, c’était le jour parfait pour faire une belle connaissance avec un collaborateur de ta trempe. Depuis ce jour jusqu’à la fatidique et funeste date du 29 novembre 2020, tu es resté un frère dont la qualité de nos relations a su résister aux intempéries de la jalousie, des commérages, de l’hypocrisie et de la méchanceté de quelques personnes acariâtres par nature… et qui s’est toujours bonifiée au fil du temps parce que nous partagions les mêmes valeurs et étions tous des jeunes épris de dextérité professionnelle et orientés vers les résultats. 

Très tôt, j’ai su déceler en toi les aptitudes d’un grand bosseur, d’un infatigable et intrépide Sociologue façonné en un Administrateur émérite qui faisait montre de plusieurs aptitudes professionnelles comme cela a toujours été le cas dans « notre maison commune ». Eh oui… Comme les enfants d’un père, nous avions été moulés dans un cadre professionnel très exigeant et surtout « apprentis » d’un maitre hors pair, pétri de compétences, exigeant, méticuleux, bref un visionnaire chevronné. Nous étions vraiment « apprentis » et l’aventure poursuit son cours. Hélas…

Bien que je fusse ton précurseur dans « la maison commune », tu m’as accueilli après une année d’absence avec ferveur et d’un amour sincère et profond que je pouvais lire à travers ton aimable sollicitude et de la magnificence que tu arborais. J’ai eu du mal à rejoindre mon bureau car nous formions une équipe très dynamique et aguerrie pour relever tous les défis que les contorsions professionnelles nous imposaient. OUI. Ce fut la belle époque de la « maison- mère » qui dégageait une chaleur humaine et force toujours l’envie d’y rester pour donner du sien au service de l’humanité.

 

 

 

Je me rappelle encore combien cela m’était dur de quitter ton bureau que je squattais avec plaisir pour rejoindre mon grand bureau bien aménagé qui m’attendait et qui reflétait le lieu parfait et l’endroit idéal qu’un jeune de notre âge pouvait rêver avoir dans un cadre professionnel. Mais la complicité qui nous unissait était plus fort que le matériel. « WE WERE BROTHERS ».

Nous arpentions ensemble tous les jours les couloirs de notre « maison professionnelle » soit pour des diligences professionnelles soit pour échanger quelques blagues afin de nous redonner du tonus pour reprendre. Combien de fois je n’ai pas profité de ta générosité les soirs alors qu’il était difficile de trouver un taxi moto pour rentrer. Tu n’hésitais pas à m’amener jusqu’au parvis de mon portail en me lâchant toujours dans un sourire angélique : « Agréable nuit à toi mon frère sous la protection divine dans l’espoir de te revoir demain matin à 8H pour la suite du combat » que nous menions ensemble aux cotés de notre patron. C’était une complicité éblouissante qui était naturelle au regard des bonnes valeurs que nous partagions. Je retiens de toi, un homme d’une élégance comportementale inégalée, d’une bonté démesurée et d’une débonnaireté légendaire. Tu étais homme « BIEN ».

Qu’il me souvienne que nos relations ne se limitaient pas seulement au cadre professionnel, mais j’ai encore en mémoire, les belles virées nocturnes que nous avions partagées ensemble dans une ambiance festive et de détente, tout cela pour régénérer la force et l’humeur dans le souci d’être toujours productifs et efficaces dans l’exécution de nos charges professionnelles. Eh OUI… Nous avons toujours travaillé avec abnégation et détermination en témoigne les appels les weekends que nous nous passions pour des impondérables, même s’il faut reconnaitre que parfois j’exagérais en t’harcelant les dimanches alors même que j’étais au bureau et je me confrontais à des difficultés dans le traitement de certains dossiers. Tu étais toujours disponible !!!

Je me souviens encore qu’en compagnie de notre ainé Atitso DEGBOEVI en 2017 alors que nous l’accompagnions à l’aéroport pour un voyage de travail en Allemagne, nous avions fait un accident sur la bretelle djidjolé- atikoumé à bord de mon automobile, accident qui n’a eu que d’effet l’endommagement de la carrosserie de la voiture. Nous en sommes sortis sans la moindre égratignure. Ce n’était pas une prouesse mais la grâce divine qui était le ciment de notre relation (je n’en dis pas plus…).

En 2018, je suis resté encore très admiratif de ta disponibilité et de ta bienveillance quand je t’ai vu m’apporter ton soutien sans faille à l’annonce du décès de mon père. Tu es l’un de mes amis et collaborateurs qui au nom du caractère sacro-saint de l’amitié a effectué le voyage sur Mango (ma terre natale) à l’occasion des cérémonies du 7è jour de deuil de mon « padré ». C’était une trace indélébile que tu as laissée dans ma vie et un pacte sanguin qui venait de se nouer à vie pour nous soutenir mutuellement quel que soit la situation.

En ce moment (2018), qui d’entre nous pouvait savoir que le destin pourrait faire de moi le porteur de la triste nouvelle de ton décès à tes parents ? nul, nul et nul ne pouvait l’imaginer même dans ses rêves les plus tumultueux…

Le vendredi 27 novembre 2021, tu étais venu dans mon bureau autour de 19 heures me racontant ton état de santé défaillant toute la journée alors que tu représentais notre patron à une conférence à l’université de Lomé. Nous en avions ri et je t’ai suggéré de prendre un repos pour te remettre et nous revenir en très bonne forme. Je ne savais pas que c’était notre dernière conversation physique. Si je l’avais su…. Hélas !!! Après la demi-heure passée debout dans mon bureau, tu m’as indiqué que tu devais finir un rapport et t’en aller. Je t’ai, dans un air remonté, rabroué de rentrer et pour aller loin t’ai proposé de te déposer à bord de ta voiture puisque je te sentais physiquement un peu faible. Tu m’as répondu froidement que tu étais fort pour slalomer les artères de la ville et rentrer calmement chez toi.

Alors en rentrant pour honorer mon traditionnel jogging hebdomadaire des vendredis soirs, je suis passé te dire un au revoir et te souhaiter un prompt rétablissement. C’était la dernière fois que nos yeux se croisèrent et là pour toujours.

Le dimanche 29 novembre, alors que j’étais au commissariat du 3è arrondissement de Djidjole pour assister un ami qui purgeais une garde- vue, dans une scène rocambolesque, je ne sais comment dans un temps record et les péripéties qui m’ont permis de tomber sur ton corps raid et inerte à l’hôpital. Quelle triste nouvelle ? Je tombai des nues car je ne pouvais imaginer que c’était toi mais hélas… c’était mon « frais- air Fanuel » que je secouai en vain et criais ton nom plus de 20 fois te demandant de me répondre pour que je te dise un mot. Nous nous sommes dit le vendredi que nous nous verrons lundi prochain et brusquement te voilà couché inerte !!!!

Je passai un quart d’heure pour tenter de me consoler et remettre en cause notre existence sur cette terre. Je finis par conclure « vanité des vanités, tout est vanité ».

Compte tenu de notre fine proximité, je pris sur moi le courage de me rendre au domicile de tes parents pour leur annoncer la triste et déplorable nouvelle. J’ai trouvé ta maman inconsolable, dévastée, meurtrie, fondue et affligée en larmes avec des cris de détresse…

Elle t’espérait impatiemment pour le déjeuner dominical en compagnie de ton père et de tes frères. Tu es parti très tôt mon cher frère.

Je vais m’arrêter ici. 

De là-haut ou tu te trouves, sois fier du bref instant que tu as passé sur la terre des hommes. Tu as accompli avec élégance et modestement ta mission. Nul ne peut t’en demander plus si ce n’est agité la maxime de « nul n’est parfait sur la terre ».

Je retiens assez de choses pour les meilleurs instants passés à tes cotés. Dieu seul sait comment nous aimions le job que nous faisions et la passion qui nous animait quand nous travaillions. Nous étions des jeunes, prêts à tout sacrifier pour atteindre les résultats. NOUS AVONS ENSEMBLE CONTRIBUE A REHAUSSER L’IMAGE DE AIMES- AFRIQUE et cela dans l’apprentissage avec humilité. C’était la détermination des jeunes à prouver leurs aptitudes à s’assumer sur le plan professionnel et à donner le meilleur d’eux-mêmes. Rien d’autre.

Je n’oublie pas le surnom que nous sommes donné. Un surnom venu fortuitement mais qui avait tout son sens dans nos rapports jusqu’au jour de ton rappel à DIEU. Nous fumes des « AZEA » et « KORO » à la fois.

Continue de reposer en paix « AZEA » et porte-toi bien de là ou tu es. Mes pieuses pensées en ce jour vont vers tes parents et ta progéniture. Que chacun d’entre eux trouve la force de la consolation et continue de prier pour que tu reposes éternellement en paix.

Bien à toi et très « KOROTIQUEMENT ».

Fayrouze KOKOU

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